
Un bilan tragique et inédit en 2025
Le rapport annuel du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) fait état d’un nombre alarmant : au moins 129 journalistes tués en 2025. Ce chiffre record s’explique principalement par l’intensification des conflits en Ukraine, au Soudan et à Gaza. Il illustre une tendance préoccupante : la couverture des zones de guerre est devenue de plus en plus mortelle pour les professionnels des médias, y compris pour des reporters locaux. Exemple : à Gaza, l’interdiction quasi systématique d’accès des médias internationaux a laissé la couverture aux journalistes palestiniens, qui constituent une part importante des victimes.
Qui est tenu responsable et quelles sont les réactions ?
Le CPJ attribue la responsabilité d’une grande part des décès — 86 journalistes — aux tirs israéliens. Ce constat a suscité des réfutations immédiates de l’armée israélienne qui rejette « fermement » ces accusations, affirmant ne pas viser intentionnellement les journalistes et insistant sur les efforts pour limiter les pertes civiles. Exemple d’argument avancé : selon un porte‑parole, certaines opérations ont visé des individus impliqués dans des actions terroristes, parfois déguisés en civils ou prétendant être des journalistes.
Conséquences pour la liberté d’information et la sécurité des sources
Le CPJ et d’autres organisations alertent sur l’impact direct de ces violences sur l’accès à l’information. Jodie Ginsberg, directrice du CPJ, souligne que des attaques massives contre des journalistes surviennent à un moment où l’information est cruciale. Effets concrets :
- Réduction des reportages indépendants dans les zones affectées.
- Mise en danger accrue des journalistes locaux qui prennent le relais.
- Climat de peur conduisant à l’auto‑censure et à une information moins complète.
L’usage croissant de technologies létales : le rôle des drones
Le rapport documente un usage accru de technologies sophistiquées pour cibler ou tuer des journalistes, en particulier les drones. Le CPJ recense 39 cas documentés d’attaques par drones en lien avec des journalistes, dont 28 attribués à l’armée israélienne à Gaza. Exemple international : une frappe imputée à Israël a aussi visé un centre médiatique houthi au Yémen, faisant 31 victimes parmi le personnel.
Défenses, vérifications et enjeux d’enquête
Face aux accusations, les autorités et les agences de presse multiplient déclarations et enquêtes : les armées affirment des règles d’engagement visant à protéger les civils, tandis que les organes de presse négent tout lien entre leurs journalistes et des groupes armés. Points clés à vérifier :
- Traçabilité des incidents : lieux, témoins, éléments visuels.
- Vérification des affiliations alléguées entre journalistes et groupes armés.
- Indépendance des enquêtes et accès aux zones sinistrées.
Que faire pour protéger les journalistes ?
Le rapport du CPJ appelle à des mesures concrètes pour prévenir ces pertes et sanctionner les responsables. Actions recommandées et exemples :
- Renforcer les protocoles de protection en zone de conflit (formations, équipement de protection).
- Améliorer la transparence des enquêtes internationales indépendantes sur les attaques contre les médias.
- Soutenir les journalistes locaux par des mécanismes d’assistance et des relais internationaux.
- Réglementer l’usage militaire des technologies (drones) et documenter leur emploi contre des cibles civiles.
Vidéo illustrative :
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