Une Annulation Controversée
Le 9 novembre, le Collège de France a surpris la communauté académique en annonçant la suspension d’un événement intitulé « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines ». Cette décision a été justifiée par l’administrateur de l’établissement, qui a évoqué une « polémique » entourant la tenue de ce colloque. La décision a été perçue comme une restriction à la liberté d’expression et a suscité de vives critiques.
Une Réponse Judiciaire
Le mercredi suivant, une décision du tribunal administratif de Paris a apporté un nouvel éclairage sur la situation. En effet, le juge des référés a rejeté les recours qui contestaient l’annulation du colloque. Selon le jugement, les organisateurs ont réussi à maintenir l’événement aux mêmes dates, les 13 et 14 novembre, dans un autre lieu. Ainsi, il n’a pas été considéré que la décision contrevenait à la liberté d’expression, à la liberté de se réunir ou à la liberté académique.
Conditions Difficiles pour le Colloque
Néanmoins, le tribunal a reconnu que le colloque se déroulera dans des conditions dégradées. En effet, il sera déplacé au Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep), dont la capacité d’accueil est de seulement 35 personnes, alors que l’amphithéâtre du Collège de France pouvait en accueillir 460. Cette réduction significative de la taille de l’audience risque d’impacte la portée et la participation à cet événement.
Des Réactions Énergiques de la Communauté Académique
La décision du Collège de France a provoqué une vague de réactions de la part des universitaires. Salam Kawakibi, chercheur en sciences politiques et directeur du Carep, a exprimé son indignation en déclarant qu’ils vivent dans une « ère de maccarthysme à la française ». Il a souligné l’importance de l’événement, qualifié de « conférence scientifique de haut niveau », incluant des spécialistes venant du monde entier, y compris des Israéliens.
Mobilisation des Chercheurs et Appels à l’Action
En réponse à cette annulation, une forte mobilisation a eu lieu. Près de 2 200 chercheurs, enseignants et étudiants se sont unis pour signer une pétition demandant la démission du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste. Ils estiment que cette décision constitue une grave atteinte aux libertés académiques et scientifiques, mettant en cause l’intégrité des forums académiques.
Implications pour la Liberté Académique
Ce débat autour de l’annulation du colloque illustre des tensions croissantes concernant la liberté académique en France. Les préoccupations soulevées par cette situation reflètent un climat dans lequel les universitaires s’inquiètent de l’érosion de leurs droits à la liberté d’expression et de la diversité d’opinion au sein des institutions éducatives. Les conséquences de ces événements pourraient avoir un impact significatif sur la manière dont les événements similaires seront organisés à l’avenir.
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