L’IA au Service des Prisons : Une Révolution Technologique
Une entreprise de télécommunications aux États-Unis a développé un modèle d’intelligence artificielle (IA) capable d’analyser des années d’appels téléphoniques et de vidéoconférences d’inmates. L’objectif est de scanner ces communications afin de prédire et prévenir les crimes. Securus Technologies a débuté ce projet en 2023, exploitant sa vaste base de données d’appels enregistrés pour former des modèles d’IA destinés à détecter des activités criminelles.
Des Modèles Spécifiques pour Chaque État
Le président de Securus, Kevin Elder, a révélé que l’entreprise avait utilisé des appels passés par des prisonniers au Texas pour construire son modèle d’IA. D’autres modèles spécifiques à différents États et comtés sont également en cours de développement. Cela permet une détection plus précise des comportements suspects.
Surveillance en Temps Réel des Conversations
Securus a commencé à tester ses outils d’IA pour surveiller les conversations des inmates en temps réel. Bien que les lieux exacts de ces opérations ne soient pas divulgués, les clients de Securus incluent des prisons, des détentions pour des personnes en attente de procès, et des installations de l’Immigration et des Douanes. Le modèle est capable d’analyser différents types de communications, tels que :
- Appels téléphoniques
- Messages texte
- Emails
Les sections suspectes sont alors signalées pour révision par des agents humains, lesquels peuvent ensuite les transmettre aux enquêteurs.
Des Bénéfices Contestés dans la Lutte Contre la Criminalité
Dans une interview, Elder a déclaré que les efforts de surveillance avaient permis de perturber des activités criminelles telles que la traite des êtres humains et les activités de gangs. Cependant, certains experts, comme Bianca Tylek de Worth Rises, soulignent que les prisonniers et leurs correspondants ignorent souvent que leurs conversations peuvent être utilisées pour entraîner des modèles d’IA, ce qu’elle considère comme un consentement coercitif.
Réactions aux Développements Réglementaires
En 2024, la Federal Communications Commission (FCC) a mis en place des réformes majeures interdisant aux entreprises de télécommunications de faire payer les inmates pour les coûts liés à la surveillance. Securus a contesté ces réformes, soutenant que cela a rendu difficile la surveillance appropriée. Des associations de shérifs et des procureurs généraux de plusieurs États ont exprimé leur mécontentement quant à ces changements réglementaires.
Une Technologie qui Dépasse le Cadre Légal
Avec la vote récente de la FCC pour des taux plus élevés permettant aux entreprises comme Securus de facturer aux inmates les coûts liés à la sécurité et à la surveillance, la question demeure : jusqu’où la surveillance invasive est-elle justifiée ? Corene Kendrick de l’ACLU s’inquiète de la possibilité que cette technologie soit bien en avance sur les lois régissant son utilisation. Anna Gomez, commissionnaire à la FCC, a exprimé son désaccord avec la direction prise par l’agence, affirmant que les coûts de sécurité ne devraient pas incomber aux familles des prisonniers.
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