Un rassemblement pour l’avenir technologique de l’Afrique
Le 11 novembre dernier, Conakry a été le théâtre d’un important rassemblement réunissant des décideurs africains autour des enjeux de l’intelligence artificielle (IA). Organisé par l’UNESCO et la Banque mondiale dans le cadre du 7e sommet Transform Africa, cet événement a permis d’aborder un sujet souvent négligé : l’impact environnemental de l’IA. Les participants, incluant des responsables de politiques en technologie de l’information et de la communication (TIC), ont échangé des idées sur la nécessité d’une IA qui soit économe en ressources, face aux chiffres alarmants concernant la consommation de ressources naturelles.
Green AI : Vers une empreinte carbone réduite
Le concept de Green AI a été au centre des discussions. L’UNESCO a présenté les conclusions de son dernier rapport intitulé Smarter, Smaller, Stronger: Resource-Efficient Generative AI and the Future of Digital Transformation. Ce document propose plusieurs solutions pour optimiser l’efficience des systèmes d’IA. Parmi les éléments clés, on retrouve :
- Compression de modèles : Techniques comme la quantification peuvent réduire la consommation d’énergie jusqu’à 44 %.
- Gestion des requêtes : Des prompts plus courts peuvent diminuer l’usage énergétique de plus de 50 %.
- Small Language Models (SLM) : Ces modèles, adaptés à des tâches spécifiques, permettent d’économiser jusqu’à 90 % d’énergie par rapport aux modèles plus grands tout en maintenant une précision élevée.
Une intégration nécessaire des ressources naturelles
Deux axes complémentaires ont émergé lors des discussions : le Greening AI, visant à rendre la technologie moins consommatrice, et le Greening with AI, qui cherche à utiliser les outils d’IA pour des objectifs de durabilité globale. Les experts ont souligné l’importance d’analyser l’ensemble du cycle de vie de l’IA, considérant la fabrication des composants et le fonctionnement des centres de données. Les exemples venus du Nigeria, de Singapour et du Chili témoignent de l’intérêt d’un cadre réglementaire pour favoriser une infrastructure plus respectueuse de l’environnement.
Une coordination régionale pour un avenir numérique
Les travaux menés par Leona Verdadero (UNESCO) et Hawa Siga Diankon (Banque mondiale) ont mis en évidence des leviers politiques pour les environnements à ressources limitées. L’accent a été mis sur l’importance d’intégrer les questions environnementales dans les stratégies nationales de développement de l’IA. Cet événement est perçu comme une étape décisive vers une transition numérique qui prend en compte les enjeux climatiques globaux. En adoptant des modèles plus petits et performants, l’Afrique aspire à bâtir des écosystèmes technologiques durables, où l’innovation logicielle ne peut plus être dissociée de la réalité matérielle et écologique.
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