RDC : la Banque mondiale annonce une croissance économique résiliente 2025

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Bilan rapide : une économie résiliente mais fragile

Le rapport de la Banque mondiale, intitulé « Du parking à la voie rapide : réformer les entreprises publiques », dresse un tableau contrasté de la République démocratique du Congo en 2025 : une croissance qui reste supérieure à la moyenne régionale malgré un contexte mondial difficile. Points clés :

  • Croissance : 5,5% en 2025 (en recul par rapport à 2024, mais toujours au‑dessus de la moyenne d’Afrique subsaharienne).
  • Contexte : tensions commerciales mondiales et incertitude politique amplifient la vulnérabilité.
  • Recommandation centrale : renforcer la gouvernance des entreprises publiques pour consolider la dynamique.

Croissance tirée par le secteur minier : opportunité et risque

La progression du PIB reste largement portée par les activités extractives, ce qui crée une dépendance structurelle. Exemple : la production minière et les recettes associées expliquent l’essentiel du surplus conjoncturel observé en 2025. Conséquences et pistes :

  • Vulnérabilité aux fluctuations des prix des matières premières.
  • Besoin de diversification : transformation locale des minerais, développement de l’agro‑industrie, et renforcement des infrastructures.
  • Exemple concret : valoriser davantage la chaîne de transformation pour créer des emplois et stabiliser les recettes publiques.

Inflation en forte baisse : rôle de la monnaie

Un élément positif notable : l’inflation est retombée de 11,7% fin 2024 à 2,3% en décembre 2025, une amélioration attribuée en partie à l’appréciation du franc congolais par rapport au dollar. Impacts et précautions :

  • Effet positif sur le pouvoir d’achat à court terme.
  • Risque d’affaiblissement de la compétitivité à l’export si l’appréciation se poursuit.
  • Importance d’une politique monétaire prudente pour maintenir la stabilité sans freiner la croissance productive.

Emploi et pauvreté : une croissance qui n’inclut pas tous les citoyens

Malgré la croissance, le marché du travail reste insuffisant pour réduire la pauvreté : seuls 66% des Congolais en âge de travailler ont un emploi, et plus de 81% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Facteurs et mesures possibles :

  • La création d’emplois formels est limitée par la dominance de secteurs capital‑intensifs (mines).
  • Mesures pro‑emploi : soutien aux PME, formation professionnelle orientée vers la demande, investissements publics dans les infrastructures locales.
  • Exemple : des programmes ciblés de formation en maintenance minière et logistique pourraient insérer des jeunes dans des emplois mieux rémunérés.

Entreprises publiques : un fardeau pour les finances publiques

La Banque mondiale souligne les défaillances de sociétés publiques emblématiques telles que SNEL (électricité), REGIDESO (eau) et Gécamines (mines). Aujourd’hui, la dette des entreprises publiques représente 42% de la dette publique extérieure, accentuant les risques fiscaux. Principales recommandations et actions concrètes :

  • Renforcer la gouvernance : audits indépendants, conseils d’administration professionnalisés.
  • Restructuration financière : renégociation de dettes, transparence des passifs contingents.
  • Solutions opérationnelles : contrats de performance, partenariats public‑privé ciblés, privatisations séquencées lorsque pertinent.
  • Exemple d’impact : un audit suivi d’une restructuration de la SNEL pourrait réduire les pertes opérationnelles et limiter les appels répétés à la trésorerie publique.

Déficit et dépenses de sécurité : priorités budgétaires et voies de réforme

La hausse des dépenses de sécurité a contribué à l’aggravation du déficit budgétaire, passé de 1,9% du PIB en 2024 à 2,9% en 2025. Pour accompagner la trajectoire de croissance tout en réduisant les risques, la Banque mondiale préconise des mesures combinées :

  • Limiter les passifs liés aux entreprises publiques et améliorer la gestion budgétaire.
  • Renforcer la mobilisation des recettes internes (taxation plus efficace, lutte contre l’évasion).
  • Prioriser les dépenses sociales et d’investissement productif pour soutenir l’emploi.
  • Séquencement pragmatique : commencer par des audits, engager des réformes de gouvernance, puis lancer des restructurations financières et des partenariats privés.

Exemple d’application : coupler la révision des contrats de la Gécamines avec des garanties de transparence pour attirer les investisseurs et limiter l’exposition budgétaire. Ces pistes visent à transformer la croissance actuelle en développement plus inclusif et durable.


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