Donald Trump veut la guerre, sans dire comment la gagner

Date:

Une question existentielle: qu’entend le Président?

Le Président pose une interrogation qui force à réfléchir: peut-on considérer qu’un processus se déroule « selon le plan » quand, en réalité, il n’existe pas de plan clair? Cette question met en lumière la différence entre apparence d’ordre et stratégie réellement pensée. Par exemple, on peut évoquer la période suivant le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien (le JCPOA en 2018) où des actions ponctuelles ont produit des effets contradictoires — sanctions renforcées d’un côté, escalades régionales de l’autre — suggérant une gestion au coup par coup plutôt qu’une vision d’ensemble.

Pourquoi un plan clair est indispensable

Sans objectifs définis et une feuille de route, les décisions risquent d’être réactives et incohérentes, créant des opportunités d’escalade ou d’échec politique. Exemples précis:

  • Sanctions isolées : peuvent écraser l’économie sans garantir de changement de comportement politique (cas post-2018).
  • Actions militaires ponctuelles : ciblent une menace immédiate mais peuvent provoquer des représailles (assassinat ciblé de hauts responsables en 2020, tensions régionales accrues).
  • Absence de coordination avec alliés : fragilise la crédibilité et l’effet des mesures (divergences entre EU et partenaires européens).

Que signifie « aller selon le plan » dans le cas iranien?

Aller « selon le plan » implique des résultats mesurables : réduction des capacités nucléaires, désescalade régionale, diminution des attaques de proxies, et canaux diplomatiques pérennes. Des exemples concrets montrent l’efficacité d’une stratégie cohérente :

  • JCPOA (2015) : négociation multilatérale ayant fixé des limites techniques vérifiables sur l’enrichissement d’uranium.
  • Pression coordonnée : sanctions ciblées combinées à offres diplomatiques peuvent ramener une partie des négociations.

Les risques d’absence de plan: trajectoires possibles

Sans plan, plusieurs trajectoires dangereuses sont possibles, souvent imprévues et coûteuses. Parmi elles :

  • Mésentente et escalade : une frappe locale entraîne une réponse régionale via des proxies (ex : milices en Irak, Hezbollah au Liban).
  • Course aux armements : incertitude motivant des accélérations nucléaires ou balistiques.
  • Fragmentation diplomatique : partenaires divergents sapent l’efficacité des mesures.

Un précédent historique illustratif est la période Iran-Contra dans les années 1980, où décisions ad hoc ont mené à incohérences stratégiques et controverses domestiques.

Alternatives stratégiques crédibles

Plusieurs approches peuvent remplacer l’absence de plan, combinables selon les circonstances:

  • Diplomatie multilatérale : relancer des négociations avec garanties vérifiables et inspections internationales (exemple : retour aux discussions encadrées par l’UE et l’AIEA).
  • Contenir et dissuader : posture militaire défensive claire pour empêcher agressions tout en évitant provocations inutiles.
  • Incitations ciblées : échanges d’avantages économiques contre des gestes mesurables de diminution des capacités militaires ou nucléaires.

Ces options montrent que la présence d’un plan combine objectifs, mesures et métriques de succès.

Recommandations pratiques pour transformer l’incertitude en stratégie

Pour répondre à la question posée et éviter que l’apparence d’ordre masque l’absence de plan, il faut des actions concrètes :

  • Définir des objectifs clairs (ex. : retardement d’un programme nucléaire, réduction d’activités proxy).
  • Établir une feuille de route avec étapes vérifiables et seuils de réévaluation.
  • Coordonner avec alliés pour maximiser pression et légitimité (ex. diplomatie transatlantique renforcée).
  • Maintenir des canaux de communication pour réduire le risque de mauvaise interprétation et permettre des désengagements ordonnés.

Ainsi, même si la question du Président souligne une inquiétude légitime, la réponse opérationnelle est simple: transformer l’impression d’un plan en un plan réel, documenté et mesurable, afin que les résultats observés puissent effectivement refléter une stratégie délibérée.


En savoir plus sur L'ABESTIT

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Share post:

Popular

More like this
Related

Patronat et extrême droite : la nuance d’Hervé Joly

Si des capitaines d'industrie ont versé ou versent dans les idéologies d'extrême droite, ce n'est pas le cas du patronat dans son ensemble, juge l'historien Hervé Joly. Dernier volet de notre série sur les patrons d'extrême droite....

Les géants américains de l’IA poussent pour l’open weight

Hormis Anthropic, les plus grosses sociétés américaines travaillant sur l’intelligence artificielle ont récemment demandé à Washington de soutenir le développement de la technologie dite « open weight », plus ouverte, dans laquelle s’illustre la Chine....

Incendies incontrôlables en France : l’alerte des climatologues

Apparus ces dernières années, des incendies incontrôlables frappent désormais la France. Un sursaut est nécessaire pour éviter qu’ils ne nous entraînent vers des périls plus graves encore, avertissent trois spécialistes du climat dans une tribune au « Monde »....

Trump exige ouverture d’Ormuz et fin de la menace nucléaire iranienne

Selon le président américain, qui avait menacé, vendredi lors d’un conseil des ministres, de frapper l’Iran « très fort », l’accord doit inclure « l’ouverture immédiate complète et totale du détroit d’Ormuz, ainsi que la fin de la menace nucléaire iranienne »....