Un retour historique autour de la face cachée
Ce lundi 6 avril, si tout se déroule comme prévu, les astronautes de la mission Artemis II survoleront la face éloignée de la Lune — la première fois que des humains approchent cette région depuis 1972 — lors d’un passage d’environ six heures qui focalisera l’attention du centre de contrôle de la NASA à Houston et de la communauté scientifique lunaire. Cet événement marque une étape clé du programme Artemis en réintroduisant la perception humaine directe dans l’étude d’un territoire lunaire peu exploré.
Trajectoire et déroulé de la mission
Le vaisseau Orion a décollé de Floride le 1er avril, a effectué un tour d’orbite terrestre pour vérifier ses systèmes, puis a allumé ses moteurs le lendemain pour se diriger vers la Lune ; les équipes au JSC ont depuis affiné les prévisions de ce que les astronautes verront le long de la trajectoire. Exemples concrets :
- Procédure : lancement, vérification en orbite terrestre, allumage moteur translunaire.
- Durée : passage lunaire d’environ six heures.
- Préparation : entraînement des astronautes à la photographie et à l’observation visuelle synchronisée avec les données orbitales.
Pourquoi la face cachée est unique
La face éloignée de la Lune diffère nettement de la face visible : elle présente très peu de bassins de lave (maria), une croûte plus épaisse et une densité nettement supérieure d’impact cratères, ce qui en fait un laboratoire naturel pour comprendre l’histoire des bombardements du Système solaire. Exemples d’implications géologiques :
- Une croûte épaisse implique une évolution thermique et magmatique différente.
- Plus de cratères permet d’étudier des séquences d’impacts préservées.
- Absence de vastes laves limite les recouvrements et facilite l’interprétation des terrains anciens.
Orientale en vedette : un bassin colossal
Le bassin d’Orientale, large d’environ 930 km et caractérisé par des anneaux concentriques, est l’objectif phare : formé probablement lors du Bombardement tardif il y a ~4 milliards d’années, il sert d’archétype pour comprendre la formation des bassins d’impact sur d’autres planètes. Exemples d’informations attendues :
- Observation des anneaux concentriques pour tester les modèles d’effondrement crustal.
- Étude des dépôts éjectés pour contraindre l’énergie de l’impact.
- Comparaison directe entre images robotisées et perception humaine lors d’un survol.
Autres cibles remarquables et observations visuelles
Pendant le survol, environ 20 % de la face éloignée sera éclairée, ce qui limite la fenêtre visuelle mais permet quand même d’apercevoir des formations jamais vues par des yeux humains en plein jour : le cratère Ohm (~64 km) avec son pic central émergeant au‑dessus de flux de lave, et le petit cratère Pierazzo (~9 km) nommé en hommage à la planétologue Elisabetta Pierazzo. Les astronautes, entraînés à la photographie, chercheront :
- Variations subtiles de couleur et de brillance.
- Effets liés à l’angle d’illumination (ombres longues, relief accentué).
- Structures géologiques fines non résolues sur les images orbitales précédentes.
Apports scientifiques et perspectives pour l’exploration
Les observations humaines pendant Artemis II complèteront les données robotiques en apportant une perception dynamique — changements d’éclairage et regards in situ — utiles pour interpréter la géologie lunaire et préparer des missions futures. Résultats et retombées potentielles :
- Validation et calibration des images orbitales à partir d’observations visuelles directes.
- Affinement des modèles de formation d’impact à l’aide d’exemples comme Orientale.
- Identification de sites d’intérêt pour de futures missions robotisées ou d’atterrissage humain.
Ces éléments fourniront des données concrètes pour mieux comprendre l’histoire du Système solaire et orienteront les prochaines étapes du programme Artemis.
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