
Un accord stratégique : l’Égypte mise sur Aphrodite
L’Égypte a signé une déclaration d’intention pour acheter toute la production future du gisement Aphrodite, situé au large de Chypre, une démarche présentée comme un moyen de sécuriser ses approvisionnements énergétiques face à une demande croissante et à des tensions régionales.
Aphrodite : du champ exploratoire au projet de long terme
Découvert en 2011, le gisement Aphrodite est encore au stade d’exploration ; l’accord prévoit non seulement l’achat de la production mais aussi la création d’une société dédiée au transport des hydrocarbures vers les côtes égyptiennes, illustrant une volonté d’intégrer la chaîne logistique jusqu’à la livraison.
Calendrier et contraintes : une production qui n’est pas immédiate
La mise en production d’Aphrodite n’est pas attendue avant 2031, soit un horizon d’environ six ans, ce qui impose à l’Égypte de gérer l’urgence à court terme tout en préparant des solutions structurelles sur le long terme.
Perturbations actuelles et mesures d’urgence
Les approvisionnements égyptiens ont été affectés par des perturbations liées au conflit régional, entraînant des mesures d’économie d’énergie :
- couvre-feu pour les commerces (fermeture à 21h00) ;
- hausse des prix des carburants ;
- restrictions et campagnes d’économie d’énergie ciblées.
Exemple concret : le gouvernement a indiqué une triplification de la facture énergétique mensuelle, passant de 560 millions de dollars à 1 650 millions de dollars.
Autres découvertes et renforcement de la production nationale
Pour réduire sa dépendance, l’Égypte multiplie les découvertes :
- déclaration récente avec ENI pour le champ de Temsah (estimations initiales d’environ 2 billions de pieds cubes soit ~57 milliards de m3 et 130 millions de barils de condensats) ;
- annonce conjointe avec Apache d’un gisement dans le désert (~735 000 m3/jour de capacité de production) ;
- la découverte de Zohr en 2015 (environ 850 milliards de m3) a déjà changé la donne régionale et servi d’exemple d’ambition d’autonomie.
Conséquences économiques et perspectives pour le hub énergétique
L’accord sur Aphrodite et les récentes découvertes visent à :
- réduire la facture d’importation d’énergie ;
- renforcer la sécurité énergétique nationale ;
- consolider le rôle de l’Égypte comme hub régional de gaz, via des infrastructures d’exportation et de transport.
Exemples d’impacts attendus : baisse progressive des importations fossiles, création d’emplois dans l’offshore et le transport d’hydrocarbures, et meilleure marge de manœuvre politique face aux chocs d’approvisionnement.
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