
Un phénomène pluriel qui attire l’attention
De l’ancien acteur de films pour adultes qui annonce publiquement son choix de vivre sans relations sexuelles aux personnes quittant une religion stricte et se découvrant asexuelles, le web montre une diversité de trajectoires menant à l’abstinence. Ce n’est pas seulement l’apanage des incels (involuntary celibates) : de nombreux profils choisissent ou vivent l’absence de sexualité pour des raisons variées, et leurs récits circulent et se croisent sur des blogs, forums et réseaux sociaux.
Des profils variés : exemples concrets
Parmi les témoignages publics on trouve des exemples précis : un ancien professionnel du divertissement pour adultes qui a déclaré se retirer des relations sexuelles pour préserver sa santé mentale ; une femme ayant quitté l’Église et comprenant, après des mois de réflexion, qu’elle est asexuelle ; des jeunes engagés dans des mouvements comme NoFap qui choisissent l’abstinence pour des raisons de performance ou de bien-être. Ces cas illustrent que l’abstinence peut être volontaire, identitaire ou subie.
Pourquoi des gens s’abstiennent ? Motivations principales
Les motivations se répartissent en plusieurs catégories souvent imbriquées :
- Identité sexuelle : l’asexualité (absence d’attirance sexuelle) est une orientation reconnue par la recherche, estimée à environ 0,4–1 % de la population selon certaines études.
- Religieuse ou spirituelle : choix de célibat pour des convictions, ou transition après le départ d’une communauté religieuse.
- Psychologique et santé : traumatismes, troubles sexuels, ou volonté d’améliorer la santé mentale.
- Politique ou idéologique : choix de protestation contre la culture sexuelle dominante ou désir d’expérimentation personnelle.
Communautés en ligne : soutien, discours et risques
Le web héberge des espaces très différents où s’exprime l’abstinence : forums d’AVEN (Asexual Visibility and Education Network), groupes de soutien pour ex-religieux, subreddits et chaînes YouTube. Ces plateformes offrent solidarité et information, mais comportent aussi des risques de radicalisation ou de désinformation dans certains sous-groupes. Exemple : des communautés comme NoFap proposent des programmes d’abstinence sexuelle pour améliorer la productivité, tandis que des forums pour asexuel·le·s se concentrent sur visibilité et acceptation.
Conséquences sociales et personnelles
L’abstinence peut avoir des effets multiples et contrastés :
- Relations : redéfinition des attentes dans les couples, négociations sur l’intimité.
- Santé mentale : pour certains, apaisement et meilleure estime de soi ; pour d’autres, isolement ou stigmatisation.
- Pratiques sexuelles : émergence d’alternatives intimes (affection, sensualité sans pénétration) et recours à la thérapie sexuelle.
Par exemple, un couple où l’un·e est asexuel·le peut réinventer sa vie intime en mettant l’accent sur la communication et des formes d’intimité non sexuelles.
Enjeux pour la société et la recherche
Comprendre l’abstinence requiert des approches interdisciplinaires : psychologie, sociologie, études de genre et santé publique. Les recherches doivent clarifier la prévalence de l’asexualité, les effets à long terme de l’abstinence volontaire ou subie, et évaluer les programmes en ligne qui influencent ces choix. Politiquement, il faut combattre la stigmatisation tout en repérant et limitant les discours toxiques. Pour avancer :
- renforcer l’éducation sexuelle inclusive,
- favoriser l’accès à des services de santé mentale adaptés,
- mener des études longitudinales sur les conséquences sociales et sanitaires.
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