Est de la RDC : pourparlers en Suisse, l’accord introuvable

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Montreux : un neuvième round plein de promesses mais sans percée

Après cinq jours de discussions à Montreux, le neuvième round entre Kinshasa et l’AFC/M23 s’est achevé sur un communiqué qui parle d’avancées, sans toutefois sceller d’accord sur le point central du dossier : le troisième protocole de l’accord-cadre signé à Doha. Les échanges ont permis à chaque partie de préserver sa face, mais les désaccords de fond persistent, notamment sur les volets judiciaire et humanitaire.

Le volet judiciaire au cœur des tensions

La question des poursuites et des condamnations divise profondément les délégations. L’AFC/M23 réclame la levée de condamnations à mort pour certains de ses membres et l’abandon de poursuites pour d’autres, demandes rejetées par Kinshasa. Des participants visés étaient même présents lors des discussions, ce qui illustre la sensibilité du dossier et la difficulté à trouver des compromis acceptables par les deux camps.

  • Demande M23 : annulation de peines et remise en liberté ciblée.
  • Position de Kinshasa : refus pour des motifs juridiques et d’ordre public.
  • Exemple : la présence de personnes condamnées aux débats complique toute sortie négociée sur ce thème.

Économie locale et banques : un verrouillage contesté

Les enjeux économiques constituent un autre point de friction majeur : l’AFC/M23 exige la réouverture des banques et le rétablissement des services financiers dans les zones sous son contrôle, fermées sur décision de Kinshasa. Ce blocage pèse sur la vie quotidienne — paiements, salaires, échanges commerciaux — et alimente la méfiance entre autorités et populations locales.

  • Impact direct sur les salaires et l’approvisionnement des marchés.
  • Effet dissuasif sur les investissements locaux et la reprise économique.
  • Exemple : commerçants incapables de convertir recettes ou d’accéder aux crédits pour relancer leurs activités.

Passeports et mobilité : barrières humaines

Le mouvement signale des difficultés d’accès aux passeports pour des habitants des zones concernées, y compris certains de ses membres, freinant la mobilité civile et compliquant les démarches administratives élémentaires. Ces obstacles renforcent le sentiment d’isolement et peuvent entraver des solutions de médiation ou d’échange.

  • Conséquence : entraves aux soins transfrontaliers, à l’éducation et aux déplacements familiaux.
  • Solution envisagée : mise en place de missions consulaires mobiles ou de guichets temporaires validés par un mécanisme neutre.
  • Exemple : familles empêchées de voyager pour des soins urgents faute de documents.

Restitution des biens : un volet sensible pour la confiance

L’AFC/M23 réclame aussi la restitution des biens confisqués par les services de l’État — véhicules, maisons, fonds — ce qui renvoie à la question plus large de la réparation et de la reconstruction de la confiance. Le règlement de ces litiges est souvent technique et nécessite des mécanismes transparents pour éviter revanches et détournements.

  • Mesures possibles : inventaires publics, commissions mixtes et procédures judiciaires accélérées.
  • Exemple : restitution supervisée de matériels agricoles ou de locaux commerciaux affectés par des saisies.
  • Impact : une résolution juste peut favoriser la réintégration économique et diminuer les tensions locales.

Goma et l’aéroport : symbole stratégique et préoccupation sécuritaire

La réouverture de l’aéroport de Goma illustre le dilemme entre normalisation et sécurité : Kinshasa souhaite sa remise en service pour relancer la circulation civile et économique, tandis que l’AFC/M23 craint une utilisation militaire de l’infrastructure. Les options discutées vont d’une réouverture progressive sous supervision internationale à une démilitarisation garantie par des observateurs externes.

  • Option 1 : réouverture par phases avec vérification internationale.
  • Option 2 : stationnement d’observateurs neutres et interdiction d’activités militaires.
  • Exemple : création d’un mécanisme conjoint de vérification tel que formalisé récemment en Suisse pour surveiller le cessez-le-feu.

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