Eric Schmidt alerte: pour rivaliser avec la Chine, adieu télétravail

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Un avertissement venu de la Silicon Valley

Eric Schmidt, ancien patron de Google, relance un débat sensible : la capacité des géants technologiques américains à rester compétitifs face à la Chine. Dans un entretien diffusé en septembre 2025, il estime que le travail à distance affaiblit l’intensité collective nécessaire pour gagner une course mondiale où la vitesse, la discipline et l’exécution comptent autant que l’innovation. Selon lui, les entreprises américaines doivent accepter certains arbitrages si elles veulent rester en tête dans des secteurs stratégiques comme l’IA.

Le modèle chinois du 996 au cœur du débat

Schmidt a pointé du doigt le fameux 996, un rythme associant 9 h – 21 h, six jours sur sept, souvent cité pour décrire la culture de travail dans une partie de l’écosystème technologique chinois. Même si ce modèle a été interdit en 2021, il continue, selon lui, d’influencer la cadence réelle de certaines entreprises. Son message est clair : dans une concurrence aussi rude, les États-Unis ne peuvent pas ignorer une culture de l’effort plus intense. Cette vision alimente une réflexion plus large sur les standards de productivité dans les startups et les laboratoires d’IA.

Pourquoi le bureau compte, selon Schmidt

Pour l’ancien dirigeant, le problème ne se limite pas aux horaires. Il défend l’idée que le présentiel favorise l’apprentissage informel, notamment chez les jeunes diplômés. Il explique avoir beaucoup appris au début de sa carrière chez Sun Microsystems en étant au contact direct de collègues plus expérimentés, en entendant leurs débats et leurs désaccords. À ses yeux, le télétravail rend plus difficile cette transmission spontanée du savoir, qui est souvent décisive pour former des ingénieurs capables de progresser rapidement dans un environnement exigeant.

Le retour d’une culture du surmenage à San Francisco

Cette lecture s’inscrit dans un contexte où plusieurs startups de la baie de San Francisco, notamment dans l’intelligence artificielle, demanderaient désormais des semaines de travail très longues, parfois autour de 72 heures. Le phénomène marque un contraste avec l’époque des bureaux détendus, des espaces de repos et des politiques flexibles mises en avant pendant la pandémie. Certaines jeunes recrues voient même ce changement comme un signe de sérieux et d’ambition, en particulier dans les entreprises qui cherchent à lever vite des fonds et à livrer des produits avant leurs rivaux.

  • Présence au bureau pour accélérer les échanges et la coordination.
  • Horaires étendus pour répondre à la pression concurrentielle.
  • Culture startup centrée sur la performance et la vitesse d’exécution.
  • IA comme secteur le plus exposé à cette intensification du travail.

Google, le télétravail et le réajustement des règles

Schmidt n’en est pas à sa première critique sur la politique de Google. En 2024, il avait déjà estimé publiquement que l’entreprise avait privilégié l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle au détriment de la victoire industrielle, avant de revenir sur ses propos. De son côté, Google a progressivement réduit la souplesse adoptée pendant la crise sanitaire, en demandant à certains salariés de revenir au bureau plusieurs jours par semaine. Dans le même mouvement, Sergey Brin a encouragé les équipes travaillant sur Gemini à être présentes au bureau au moins en semaine, en évoquant des semaines d’environ 60 heures comme zone optimale de productivité.

Ce que révèle ce débat sur l’avenir du travail tech

Au-delà du cas Schmidt, cette prise de position illustre une transformation profonde de la tech : la question n’est plus seulement de savoir où travailler, mais comment rester compétitif dans une course mondiale dominée par l’IA, les semi-conducteurs, les modèles génératifs et l’ingénierie logicielle avancée. Le débat oppose deux visions : l’une valorise la flexibilité et la qualité de vie, l’autre défend une mobilisation maximale des équipes. Dans un secteur où un prototype peut être copié en quelques semaines et où les progrès techniques se mesurent en mois, la bataille autour du télétravail est devenue un indicateur stratégique autant qu’un sujet social.


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