
Un mouvement de retour déclenché par la peur
En Afrique du Sud, la montée des violences xénophobes pousse plusieurs pays africains à organiser le retour de leurs ressortissants. Le Mozambique a déjà accueilli des centaines de ses citoyens, tandis que le Nigeria a lancé un recensement des personnes souhaitant être rapatriées. Derrière ces départs, il ne s’agit pas seulement d’un déplacement administratif : pour beaucoup, c’est une fuite précipitée face à des menaces, des agressions et un climat d’insécurité devenu intenable.
Le Mozambique face à l’urgence humanitaire
Au poste frontière de Ressano Garcia, entre le Mozambique et l’Afrique du Sud, les témoignages décrivent une traversée marquée par la peur. Des Mozambicains installés depuis longtemps en Afrique du Sud, parfois nés sur place, ont tout abandonné en quelques heures. Certains sont rentrés avec un simple sac à dos, d’autres sans papiers ni biens personnels. Les autorités mozambicaines affirment mettre en place des mesures d’accueil adaptées, mais les récits recueillis sur place montrent des familles désorientées, vulnérables et souvent traumatisées.
- Près de 600 Mozambicains ont déjà franchi la frontière.
- Le pays prévoit le rapatriement d’environ 1 000 personnes par la route.
- Les retours s’effectuent dans un contexte de violences ciblées contre les étrangers.
Des accusations d’attaque contre tous les étrangers
Les manifestations anti-immigrés observées ces dernières semaines en Afrique du Sud ne visent pas uniquement les personnes en situation irrégulière. Plusieurs témoins assurent que des étrangers munis de passeports valides ont eux aussi été pris pour cible. Un homme revenu au Mozambique explique ainsi que les violences ne distinguent pas les statuts administratifs. D’autres rescapés racontent des scènes de pillage, de maisons incendiées et de menaces de mort, alimentant un sentiment d’abandon total chez ceux qui ont dû partir sans préparation.
- Les immigrés sans papiers ne sont pas les seuls touchés.
- Des ressortissants réguliers disent avoir été visés malgré leurs documents.
- Les violences auraient entraîné des départs de dernière minute.
Le débat sur les causes profondes de l’exode
Pour certains responsables et opposants mozambicains, ces départs massifs révèlent aussi un problème plus profond : l’absence d’opportunités économiques dans les pays d’origine. L’opposant Augusto Pelembe estime que si des emplois suffisants existaient au Mozambique, une grande partie des jeunes ne chercherait pas à travailler en Afrique du Sud. Cette lecture met en lumière une réalité connue depuis des années : l’Afrique du Sud reste pour beaucoup un espace de travail et de revenus, malgré les risques et les tensions qu’elle concentre.
- Le manque d’emplois pousse de nombreux jeunes à migrer.
- L’Afrique du Sud est perçue comme un El dorado économique.
- Les retours forcés soulignent la fragilité sociale de la région.
Le Nigeria organise le départ de ses ressortissants
Parallèlement au cas mozambicain, le Nigeria a entamé le recensement des citoyens qui souhaitent quitter l’Afrique du Sud. Selon le ministère nigérian des Affaires étrangères, le nombre de personnes concernées pourrait atteindre 1 000, voire davantage. La Haute Commission nigériane à Pretoria a assuré avoir obtenu des autorités sud-africaines des dérogations pour les infractions liées à l’immigration, afin d’éviter arrestations ou détentions pendant la procédure de départ. Le calendrier précis des vols ou des convois reste toutefois à confirmer.
- Le recensement a commencé le 4 juin.
- La procédure doit s’achever le 6 juin.
- Les ressortissants sélectionnés seront informés ultérieurement de leur date de départ.
Une crise régionale qui dépasse les frontières
Le phénomène touche aussi d’autres pays africains. Le Ghana a déjà rapatrié près de 300 de ses ressortissants et prépare un nouveau vol. Le Malawi a annoncé son intention d’aider ses citoyens à quitter à leur tour l’Afrique du Sud. Dans ce climat tendu, les autorités mozambicaines font état d’au moins 9 morts liées aux violences xénophobes, tandis que Pretoria évoque deux victimes mozambicaines sur son territoire. Ces chiffres, encore discutés, illustrent surtout l’ampleur d’une crise qui mêle migration, pauvreté, chômage et rejet des étrangers.
- Ghana : près de 300 rapatriés et un nouveau vol annoncé.
- Malawi : soutien en préparation pour ses ressortissants.
- Afrique du Sud : tensions sociales et violences anti-immigrés persistantes.
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