Réforme constitutionnelle au Sénégal : la société civile exige un référendum

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Un mouvement citoyen face à une réforme qui divise

Au Sénégal, le collectif Y’en a marre, actif depuis 15 ans, a pris position sur le projet de réforme constitutionnelle adopté par l’Assemblée nationale. Le mouvement soutient l’idée d’une consultation populaire, mais insiste sur la nécessité d’un processus sincère, lisible et ouvert aux citoyens. Dans un contexte politique tendu, cette prise de parole relance le débat sur la méthode, les intentions du pouvoir et la place de la société civile dans les grandes décisions institutionnelles.

  • Acteur central : Y’en a marre
  • Objet du débat : réforme constitutionnelle
  • Exigence principale : un référendum transparent

Le référendum, un oui sous conditions

Le collectif ne rejette pas le principe du référendum, au contraire. Il estime qu’un tel recours permettrait aux Sénégalais de comprendre les enjeux du texte et de se prononcer directement. Mais pour Aliou Sané, fondateur du mouvement, l’annonce ne doit pas servir d’outil tactique dans un bras de fer politique. Le message est clair : il faut éviter toute manœuvre dilatoire et laisser la population arbitrer en connaissance de cause. Cette position traduit une volonté de préserver la légitimité démocratique de la réforme.

  • Objectif : permettre aux citoyens de décider
  • Réserve : éviter une instrumentalisation politique
  • Attente : des explications accessibles sur le contenu du texte

Le duel Diomaye Faye-Sonko en toile de fond

Derrière la réforme, Y’en a marre voit surtout se prolonger le face-à-face entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Le collectif estime que la question constitutionnelle est désormais prise dans une logique de rapport de force, où chaque camp cherche à imposer son tempo. Cette lecture politique révèle les tensions internes ou adjacentes à la majorité, dans un pays où les institutions restent fortement observées par l’opinion. Pour les militants, le débat ne devrait pourtant pas se réduire à une confrontation de personnalités.

Exemple concret : au lieu de centrer l’attention sur les réformes elles-mêmes, le climat actuel nourrit les interprétations sur les intentions cachées, les calculs d’appareil et les stratégies d’influence.

Des accusations de « lobby LGBT » vivement dénoncées

Le collectif déplore aussi le retour de vieilles méthodes de disqualification. Depuis sa prise de position critique, il affirme être accusé par certains proches du pouvoir d’être un « lobby LGBT », une stigmatisation particulièrement lourde dans un pays où l’homosexualité reste très réprimée et socialement sensible. Y’en a marre rejette fermement ces accusations, qu’il présente comme des tactiques déjà utilisées sous Abdoulaye Wade et Macky Sall. Le mouvement y voit une manière d’étouffer la contradiction plutôt que de répondre sur le fond.

  • Accusation rejetée : financement par des lobbys LGBT
  • Réponse du collectif : dénonciation d’une stratégie de diversion
  • Enjeu : protéger le débat public de la stigmatisation

Des interpellations qui ravivent les tensions

La prise de position de Y’en a marre s’inscrit aussi dans un contexte marqué par des interpellations autour de l’Assemblée nationale. Douze personnes ont été arrêtées le 29 juin, dont neuf jeunes militants du parti d’opposition ARC, avant d’être relâchées quelques heures plus tard. Elles étaient visées pour troubles à l’ordre public et participation à une manifestation non autorisée. Cet épisode renforce l’impression d’un climat politique crispé, où les mobilisations sont rapidement encadrées par les forces de l’ordre.

Dans les faits, ces arrestations illustrent la fragilité de l’espace protestataire au moment même où les institutions s’apprêtent à trancher sur un texte à forte portée politique.

Une société civile qui réclame clarté et cohérence

À travers cette prise de parole, Y’en a marre rappelle le rôle de la société civile dans la surveillance du pouvoir et la défense du débat démocratique. Le collectif ne s’oppose pas à la réforme en tant que telle, mais réclame de la cohérence, de la pédagogie et du respect envers les citoyens. Son message répond à une attente plus large : éviter que les institutions soient capturées par les querelles partisanes et redonner du sens à la consultation populaire. Dans un Sénégal traversé par des tensions politiques récurrentes, la demande de transparence devient un test de crédibilité pour l’exécutif comme pour les acteurs publics.

  • Priorité : informer clairement la population
  • Principe : permettre un choix libre et éclairé
  • Défi : sortir des logiques d’affrontement stériles

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