Neo, l’offensive de Bhavin Turakhia contre les suites bureautiques classiques
Avec Neo, Bhavin Turakhia entend bâtir une alternative ambitieuse à Microsoft Office et, plus largement, aux outils de productivité traditionnels. L’entrepreneur indien, connu pour avoir déjà fondé plusieurs sociétés technologiques, a engagé 30 millions de dollars de ses fonds personnels dans ce nouveau projet. Son idée est simple mais radicale : ne pas greffer l’intelligence artificielle sur des logiciels anciens, mais concevoir dès le départ une plateforme pensée pour l’IA.
Un outil conçu comme un espace de travail unifié
Neo ne se limite pas à un simple traitement de texte ou à un assistant conversationnel. La plateforme ambitionne de rassembler la gestion de projet, les documents et le stockage de fichiers dans un environnement unique. Cette logique d’unification vise à réduire les ruptures entre les outils, à fluidifier la collaboration et à faire de l’IA un véritable collaborateur numérique capable d’aider les équipes au quotidien.
- Gestion de projet centralisée pour suivre les tâches et les livrables.
- Documents partagés pour travailler à plusieurs sans multiplier les versions.
- Stockage de fichiers intégré afin de limiter la dispersion des données.
- IA native pour automatiser certaines actions et assister les utilisateurs.
Pourquoi repartir de zéro face à l’essor de l’IA générative ?
Selon Bhavin Turakhia, les grands éditeurs historiques sont freinés par des architectures conçues avant l’arrivée de l’IA générative. Leur logique consiste souvent à ajouter des fonctions intelligentes à des produits déjà anciens, ce qui limite la refonte en profondeur. Neo part au contraire d’une feuille blanche. L’objectif est de repenser les structures de données, les usages et les flux de travail pour tirer pleinement parti des capacités actuelles de l’IA. Turakhia compare cette mutation à celle de l’iPhone, qu’il aurait été impossible de créer en assemblant les pièces d’anciens téléphones.
Une architecture pensée pour éviter la dépendance à un seul modèle
La plateforme met en avant une promesse importante pour les entreprises : l’indépendance vis-à-vis d’un modèle d’IA unique. En pratique, cela signifie que Neo veut rester compatible avec différents fournisseurs et permettre à ses clients de changer de technologie si nécessaire. Cette approche répond à une préoccupation de plus en plus fréquente dans les entreprises : ne pas dépendre d’un seul acteur, ni sur le plan technique, ni sur celui des coûts, ni sur celui de la gouvernance des données.
- Souplesse technologique pour adapter les usages aux besoins internes.
- Réduction du verrouillage fournisseur, souvent coûteux à long terme.
- Meilleure maîtrise stratégique dans le choix des briques d’IA.
Un marché déjà très convoité par les géants et les jeunes pousses
Neo arrive dans un environnement extrêmement concurrentiel. Les grands acteurs comme Microsoft, Google et Salesforce multiplient déjà les fonctions automatisées et les assistants intégrés. De leur côté, des entreprises comme Notion, Superhuman, Anthropic ou OpenAI se disputent aussi la productivité augmentée par l’IA. Ce contexte montre que Neo n’est pas seul sur le terrain, mais cherche à se différencier par son positionnement « AI-first » et par une expérience unifiée pensée pour les usages professionnels.
Les moyens, les tests et les objectifs de déploiement
Basée à Bangalore, l’entreprise compte déjà 45 salariés, dont 18 ingénieurs. La première version du produit aurait été développée en seulement trois mois grâce à l’automatisation, un délai qui aurait selon l’entreprise nécessité près d’un an sans ces outils. Des équipes de Zeta, une autre société de Turakhia, testent déjà Neo en conditions réelles. L’effectif doit atteindre une centaine de personnes d’ici fin 2026, avec un accent sur la recherche technique, avant un déploiement progressif auprès des moyennes entreprises du conseil, de la technologie et des services professionnels.
- 45 employés aujourd’hui, avec une forte part d’ingénieurs.
- 3 mois pour livrer une première version grâce à l’automatisation.
- 100 salariés visés à horizon fin 2026.
- Marché ciblé : entreprises de taille intermédiaire et secteurs à forte intensité documentaire.
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