
Un retour progressif malgré des maisons détruites
Au Liban, une partie des personnes déplacées par le conflit commence à retrouver sa région d’origine, mais ce retour reste fragile. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), 821 077 personnes avaient amorcé ce mouvement au 30 juillet 2026. Cette reprise des trajets vers le sud et d’autres zones touchées ne signifie pas pour autant un retour à la normale, car de nombreuses localités ont été lourdement endommagées par les bombardements et les combats.
Des dégâts massifs qui ralentissent la reconstruction
Le principal obstacle au retour demeure l’ampleur des destructions matérielles. Dans plusieurs villages du sud, des habitations ont été gravement touchées, parfois entièrement détruites, tandis que des réseaux d’eau et d’électricité ont subi des dommages importants. Dans ce contexte, rentrer chez soi ne suffit pas : il faut encore disposer d’un logement habitable, d’un accès aux services essentiels et d’un minimum de sécurité. Sans ces conditions, de nombreuses familles préfèrent attendre.
- Des maisons détruites ou inhabitables dans plusieurs localités du sud.
- Des infrastructures vitales fragilisées, notamment l’eau et l’électricité.
- Une sécurité incertaine, qui pousse les familles à temporiser leur retour.
Tripoli, refuge provisoire pour des familles en attente
À Tripoli, dans le nord du pays, certaines familles déplacées ont trouvé un abri temporaire. C’est le cas de Khadija Karim et des siens, installés dans l’un des plus anciens cinémas-théâtres de la ville après avoir fui les bombardements israéliens le 2 mars dans leur village de Bazouriyeh, au Liban-Sud. Leur témoignage illustre une réalité partagée par de nombreux déplacés : quitter son village sans savoir quand, ni dans quelles conditions, il sera possible d’y retourner.
La famille vit dans l’attente d’un retour que les destructions rendent difficile. Khadija explique qu’ils n’ont pas pu rentrer, car leur maison a été bombardée et que la situation ne s’est pas suffisamment améliorée. En attendant, ils cherchent un appartement à Tripoli, tout en gardant l’espoir de retrouver un jour leur village d’origine.
Le rôle essentiel des associations d’accueil
Les organisations locales jouent un rôle décisif dans cette période d’incertitude. À Tripoli, l’association Tiro Arts continue de préparer l’accueil de nouveaux déplacés en cas d’aggravation de la situation. Youmna Ayoubi, membre de l’association, précise que les matelas et les couvertures restent disponibles afin de pouvoir remettre rapidement l’espace en état si nécessaire. Cette préparation permanente montre combien la crise demeure instable.
- Hébergement d’urgence dans des lieux reconvertis pour l’accueil des familles.
- Stocks prêts à l’emploi : matelas, couvertures, matériel de première nécessité.
- Réactivité locale face au risque d’une nouvelle escalade.
Enfants, activités et respiration au milieu de l’attente
Malgré l’épreuve, certains espaces offrent un peu de répit. Dans le théâtre où la famille s’est installée, des enfants participent à des ateliers sur scène, entre sketchs, dessins et activités créatives. Pour Khadija, ces moments sont précieux, car ils permettent de penser à autre chose que la guerre. Le lieu devient ainsi un espace de vie, de distraction et de protection psychologique, particulièrement utile pour les plus jeunes.
Cette dimension humaine est essentielle : au-delà des chiffres, le déplacement forcé bouleverse les routines, la scolarité, le travail et le sentiment de stabilité. Les activités culturelles et sociales servent alors de soutien discret, mais réel, aux familles qui vivent dans l’attente d’un retour encore impossible.
Un avenir suspendu à la paix et à la sécurité
Si plus de 821 000 personnes ont entamé le chemin du retour, plus de 200 000 Libanais restent encore déplacés de force. Cela montre que le déplacement n’est pas seulement une question de distance géographique, mais aussi de conditions de vie, de réparation des infrastructures et de garanties de sécurité. Pour ces familles, le retour ne peut être envisagé qu’une fois les maisons réparées, les services rétablis et les tensions apaisées.
- 821 077 retours amorcés selon l’OCHA.
- Plus de 200 000 personnes toujours déplacées.
- Des retours incomplets tant que les villages restent meurtris.
- Une attente collective d’un sud du Liban redevenu vivable et sûr.
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