
Un second mandat confirmé dès le premier tour
Hakainde Hichilema a été réélu président de la Zambie dès le premier tour avec 60 % des voix, soit 2 965 326 suffrages, selon la commission électorale. Arrivé au pouvoir en 2021, le chef de l’État sortant s’offre ainsi un nouveau mandat après une campagne centrée sur son bilan et sur la promesse de poursuivre le redressement du pays. Le scrutin a été suivi avec attention dans un contexte de forte attente sociale et politique.
Une victoire nette face à une opposition divisée
Le vote n’a laissé que peu de place au suspense. Face à 13 autres candidats, le principal adversaire, Bryan Mundubile, a recueilli 38 % des voix, soit 1 856 217 suffrages. Près de 9 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes, et la dynamique a rapidement semblé favorable au président sortant à mesure que le dépouillement avançait. Cette réélection traduit un soutien suffisamment large pour éviter un second tour, un atout politique majeur pour Hakainde Hichilema.
Le bilan économique au cœur de la campagne
Le président réélu a mis en avant plusieurs résultats présentés comme des signes de redressement : baisse de l’inflation, renforcement des réserves de change et création de 50 000 emplois dans la fonction publique. Ces indicateurs ont servi de base à sa stratégie électorale, dans un pays encore marqué par la crise de la dette. En 2021, la Zambie était devenue le premier État africain à faire défaut sur sa dette extérieure après les chocs économiques liés à la pandémie de Covid-19.
- Inflation en recul, un signal important pour le pouvoir d’achat.
- Réserves de change renforcées, utiles pour stabiliser la monnaie et les importations.
- Emplois publics créés, un argument social fort dans un marché du travail tendu.
Des réformes visibles, mais pas encore pleinement ressenties
Malgré ces avancées, une partie de la population estime que les effets concrets des réformes restent insuffisamment perceptibles au quotidien. Les ménages continuent d’évaluer le pouvoir d’achat, le coût des produits essentiels et l’accès à l’emploi à travers leur expérience directe. Cette distance entre les indicateurs macroéconomiques et la réalité vécue explique en partie pourquoi le scrutin a été à la fois favorable au président et traversé par une attente critique persistante.
Un climat électoral tendu et contesté
La campagne s’est achevée dans un climat marqué par des violences et des tensions politiques. L’opposition a dénoncé des intimidations, des restrictions et des arrestations arbitraires attribuées au pouvoir. Le jour du vote, six figures de l’opposition ont été arrêtées lors d’un coup de filet, un épisode qui a renforcé les accusations de pression politique. Ces événements ont rappelé que l’élection ne se jouait pas seulement sur l’économie, mais aussi sur la confiance dans le processus démocratique.
- Accusations d’intimidation contre les adversaires politiques.
- Arrestations de responsables de l’opposition pendant le scrutin.
- Fin de campagne agitée, marquée par des heurts sur le terrain.
Les attentes pour le nouveau mandat
Avec cette réélection, Hakainde Hichilema aborde une phase décisive de son action publique. Le défi principal consiste désormais à transformer les progrès affichés en améliorations tangibles pour les Zambiens, notamment sur les prix, l’emploi et la stabilité économique. Son nouveau mandat sera scruté à l’aune de sa capacité à consolider les réformes, à préserver l’équilibre financier du pays et à apaiser un climat politique encore fragile. Pour beaucoup d’électeurs, le vote exprime autant un soutien qu’une attente de résultats rapides et mesurables.
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