Législatives palestiniennes du 28 novembre: vers un nouveau report?

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Une date électorale encore sous tension

Les élections législatives palestiniennes, annoncées pour le 28 novembre, restent entourées d’une forte incertitude. Le débat s’est ravivé après les propos de Jibril Rajoub, figure du Fatah, qui a estimé que le scrutin n’aurait pas lieu à cette date. Il a plaidé pour un dialogue national préalable et pour l’organisation d’une élection présidentielle avant toute législative. Pourtant, à ce stade, aucun report officiel n’a été acté, et la Commission électorale centrale palestinienne maintient que le calendrier électoral demeure inchangé.

  • Date prévue : 28 novembre
  • Dernier scrutin législatif : 2006
  • Position actuelle de la CEC : préparation maintenue
  • Point de friction : appel à un dialogue politique avant le vote

Une génération privée de vote

Le retard accumulé dans le renouvellement des institutions palestiniennes pèse lourdement sur la vie politique. La période de recours sur les listes électorales s’est achevée récemment, et le dépôt des candidatures doit commencer le 26 septembre. Mais au-delà des échéances techniques, c’est un enjeu démocratique de fond qui se dessine : une génération entière n’a jamais participé à une élection générale. Pour la Commission électorale, ce scrutin représente donc bien plus qu’un simple rendez-vous institutionnel : il s’agit d’un test de représentation et de légitimité.

Le porte-parole de la CEC, Farid Tamallah, insiste sur l’importance d’un tel vote pour des électeurs qui n’ont connu ni Parlement renouvelé ni consultation présidentielle récente. Dans un contexte de blocage politique prolongé, l’idée même de voter devient pour beaucoup un repère démocratique essentiel.

Gaza et la Cisjordanie, deux territoires sous pression

L’organisation du scrutin se heurte à des obstacles très différents selon les territoires. À Gaza, la logistique de l’acheminement du matériel électoral reste délicate. En Cisjordanie occupée, les déplacements peuvent être perturbés par les checkpoints israéliens, tandis qu’à Jérusalem, la participation palestinienne demeure un sujet politiquement sensible. La CEC redoute aussi des entraves indirectes à la campagne, notamment des arrestations de candidats ou des restrictions de circulation.

Les tensions sur le terrain ne se limitent pas aux forces de sécurité. Les violences commises par certains colons contre des villages palestiniens compliquent également le climat préélectoral. Dans ce contexte, la tenue d’un vote libre et crédible dépend d’un environnement sécuritaire particulièrement fragile.

  • Gaza : difficulté d’acheminement du matériel
  • Cisjordanie : circulation entravée par les checkpoints
  • Jérusalem : question sensible de la participation
  • Risque politique : pressions sur les candidats et sur la campagne

Le précédent de 2021 reste dans tous les esprits

Les Palestiniens ont déjà vécu un épisode similaire en 2021, lorsque les élections législatives avaient été reportées. À l’époque, Mahmoud Abbas avait avancé l’absence de garanties pour la participation des habitants de Jérusalem-Est. Le souvenir de cet ajournement nourrit aujourd’hui la méfiance, d’autant que le scénario pourrait se répéter si les obstacles techniques ou politiques deviennent trop importants.

Cette fois, les inquiétudes portent davantage sur Gaza, où la préparation matérielle du scrutin demeure un défi majeur. Le précédent de 2021 montre combien une élection palestinienne peut être suspendue à des considérations administratives, sécuritaires et diplomatiques, bien avant le jour du vote.

Des solutions de secours déjà envisagées

Face à ces contraintes, la Commission électorale dit avoir préparé plusieurs alternatives. Farid Tamallah explique que le transfert des urnes et des bulletins depuis Ramallah vers Gaza constitue déjà une difficulté sérieuse. Pour limiter les risques de blocage, un plan B est prévu : produire directement à Gaza une partie du matériel nécessaire au scrutin. Cette mesure vise à garantir la continuité du processus, même en cas d’obstacle logistique sur l’axe Ramallah-Gaza.

Cette approche illustre l’ampleur du défi. Organiser un vote dans un territoire fragmenté, sous contrôle politique divisé et sous contraintes de circulation, exige une préparation minutieuse et des marges de sécurité très larges.

  • Plan principal : acheminement du matériel depuis Ramallah
  • Plan alternatif : production locale des urnes et bulletins à Gaza
  • Objectif : éviter qu’un blocage logistique ne fasse dérailler le scrutin

Un vote décisif pour l’avenir politique palestinien

Au-delà des querelles de calendrier, ces législatives cristallisent une question centrale : comment reconnecter la vie politique palestinienne à une base électorale devenue vieillissante et fragmentée ? Pour la CEC, l’élection pourrait jouer un rôle de réunification politique entre Gaza et la Cisjordanie, deux espaces administrés séparément et marqués par des rivalités persistantes. Le scrutin est aussi perçu comme un instrument capable de relancer une représentation institutionnelle figée depuis des années.

Mais l’enjeu est également politique pour le Fatah et pour Mahmoud Abbas, dont la stratégie pourrait être influencée par la faisabilité réelle du vote. Entre calendrier officiel, incertitudes de terrain et rivalités internes, les prochaines semaines diront si l’élection peut devenir un moment de reprise démocratique ou si elle rejoindra la longue liste des scrutins repoussés.


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