
Un vol détourné par un projet meurtrier présumé
Le dossier ouvert après l’atterrissage d’urgence d’un vol de Flydubai reliant Dubaï à Tel-Aviv prend une dimension particulièrement grave. Selon le parquet des Émirats arabes unis, le co-pilote omanais aurait préparé une attaque suicide visant l’aéroport David-Ben-Gurion. L’incident, survenu le 30 septembre en Arabie saoudite, ne serait donc pas seulement une agression à bord, mais l’aboutissement d’un projet terroriste prémédité, pensé pour provoquer un maximum de victimes.
Une enquête qui décrit une préparation méthodique
Les autorités affirment que l’homme de 29 ans aurait commencé à mettre en œuvre son plan avant même le décollage, avec l’objectif de prendre le contrôle de l’appareil. Le procureur général émirati, Hamad Saif Al Shamsi, explique que l’enquête a mis en évidence une intention de frapper le terminal passagers de l’aéroport israélien. Le scénario évoqué s’inspire explicitement des attentats du 11 septembre, selon les éléments communiqués par le parquet.
- Objectif présumé : détourner l’avion vers l’aéroport Ben-Gourion.
- Mode opératoire : prendre le contrôle de l’appareil puis lancer une attaque suicide.
- Cible visée : le terminal passagers pour causer le plus grand nombre possible de victimes.
Un profil passé au crible par les autorités
Les enquêteurs indiquent que le copilote aurait été influencé à partir de 2017 par une idéologie takfiri, terme employé pour désigner des courants jihadistes ou des positions proches de l’islam sunnite radical. À cette période, il étudiait en Australie. Le parquet précise aussi que l’intéressé aurait affirmé avoir agi seul, sans complice. Cette déclaration reste toutefois à vérifier, car les investigations se poursuivent pour déterminer s’il a bénéficié d’appuis ou de contacts extérieurs.
- Début de l’influence : 2017, pendant ses études en Australie.
- Position du suspect : action solitaire revendiquée.
- Point encore ouvert : vérification d’éventuels liens avec d’autres personnes.
Une carrière aéronautique sans alerte apparente
Avant son recrutement chez Flydubai en janvier 2026, le copilote avait travaillé pour plusieurs compagnies aériennes dans différents pays. D’après le procureur, il remplissait au moment de son embauche toutes les exigences professionnelles et de sécurité : licence de pilote valide, certificat de bonne conduite et contrôles réglementaires habituels. Aucun de ces examens n’aurait révélé d’éléments laissant présager des convictions extrémistes, ce qui interroge sur la capacité des procédures classiques à détecter certaines radicalisations discrètes.
Deux vols d’observation avant l’attaque
Les enquêteurs affirment qu’avant l’incident du 30 septembre, le copilote avait déjà effectué deux vols à destination de Tel-Aviv afin de se familiariser avec la route et les installations de l’aéroport. Ce type de préparation renforce, selon le parquet, l’hypothèse d’un plan longuement mûri. Lors de l’agression, il aurait surpris le commandant de bord avec une hache de secours, un détail qui souligne la violence et la préméditation de l’acte.
- Première étape : observation du trajet et du fonctionnement de l’aéroport.
- Seconde étape : passage à l’action au moyen d’une arme improvisée.
- Résultat immédiat : tentative de neutralisation du pilote aux commandes.
Une maîtrise de l’appareil évitée de justesse
La réaction des personnes à bord a été décisive. Le commandant de bord a résisté, puis le pilote de service présent sur le vol de retour est intervenu, aidé par un membre du personnel de cabine et par plusieurs passagers. Ensemble, ils ont réussi à maîtriser l’agresseur et à reprendre le contrôle de l’avion. L’appareil a alors été dérouté vers Tabouk, en Arabie saoudite, où il a atterri en sécurité. Le parquet poursuit enfin ses vérifications pour établir s’il existe des complicités ou des connexions encore inconnues, avant de communiquer de nouveaux éléments.
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