La Tesla Roadster dite “volante” a enfin refait parler d’elle, avec une démonstration spectaculaire organisée dans l’enceinte d’essais de SpaceXAI au Texas. Présenté comme un concept à propulsion par fusées, le véhicule a été montré effectuant un bond contrôlé depuis une rampe, dans une mise en scène qui évoquait davantage un numéro de prestidigitation qu’un test automobile classique. La séquence, entièrement préprogrammée et sans conducteur, visait à illustrer la promesse d’un Roadster radicalement différent de tout ce que Tesla a déjà commercialisé.
Une démonstration pensée pour marquer les esprits
Lors de l’événement, le prototype biplace a exécuté un kickflip au départ d’une demi-lune avant de redescendre au sol, puis il a été montré en train de décoller depuis l’arrêt pour franchir une rangée de véhicules stationnés. L’objectif était clair : faire parler d’une voiture qui promet depuis des années performances extrêmes, accélération hors norme et, potentiellement, une forme de vol de courte durée. La mise en scène repose sur une logique de spectacle, mais elle sert aussi à rappeler qu’Elon Musk entretient depuis longtemps l’idée d’une voiture équipée d’options issues de la technologie spatiale.
- Prototype biplace présenté sans conducteur.
- Décollage court depuis une rampe et depuis l’arrêt.
- Objectif visuel : montrer la capacité à franchir obstacles et dénivelés.
Un projet ancien, relancé par la technologie SpaceX
Le futur Roadster est en développement depuis environ dix ans. En 2018, Elon Musk avait déjà évoqué sur X, alors Twitter, un “SpaceX option package” composé de dix petits propulseurs à fusée destinés à améliorer l’accélération, la vitesse de pointe, le freinage et la tenue en courbe. Il avait même laissé entendre qu’un tel système pourrait, un jour, permettre à une Tesla de “voler”. Cette promesse a nourri une attente énorme autour du modèle, mais aussi une bonne dose de scepticisme, car la frontière entre innovation automobile et démonstration marketing reste floue.
- Annonce initiale de livraisons : 2020.
- Nouveau calendrier communiqué par Tesla : 2028.
- Promesse technique : intégration de propulseurs inspirés de l’aéronautique et du spatial.
Une idée séduisante, mais très limitée en pratique
Sur le plan technique, le “vol” du Roadster repose sur des réservoirs d’air comprimé, associés à des valves et à des propulseurs conçus pour libérer cette énergie en un instant. Le problème est évident : l’autonomie d’un tel dispositif se mesure en secondes, pas en minutes. Les réservoirs doivent ensuite être rechargés, ce qui rend l’usage quotidien difficile à imaginer. En pratique, cette capacité ressemble davantage à une démonstration spectaculaire qu’à une solution de mobilité crédible pour la route.
- Durée très courte de sustentation ou de saut.
- Système lourd à cause des réservoirs et des composants de contrôle.
- Rechargement nécessaire après chaque usage.
Des versions à prix extrême et un usage très encadré
La page de réservation du Roadster montre bien le positionnement ultra-premium du projet. Une version de base, sans propulseurs, demande un dépôt de 50 000 £. Une version “Thrust”, équipée de propulseurs arrière pour booster l’accélération, requiert un dépôt de 250 000 $. Quant à la variante “Rocket”, avec système de vol complet, elle est annoncée comme disponible uniquement sur invitation. Rien n’indique qu’un tel modèle serait réellement homologué pour circuler librement sur la voie publique, ce qui limite fortement les usages imaginables au-delà des démonstrations privées.
- Version standard : 50 000 £ de dépôt.
- Version Thrust : 250 000 $ de dépôt.
- Version Rocket : accès sur invitation.
Une concurrence qui change les règles du jeu
Pendant que Tesla entretient la fascination autour du Roadster, d’autres constructeurs avancent sur le terrain des véhicules électriques performants. Xiaomi et BYD ont déjà livré des modèles rapides et convaincants, réduisant l’avance symbolique que Tesla possédait autrefois sur ce segment. D’autres noms circulent aussi dans les discussions autour des futures voitures électriques haut de gamme, comme Jaguar Type-01, Bentley Torcal ou Ferrari Luce. Le paysage devient donc beaucoup plus compétitif, et Tesla n’est plus seule à incarner l’innovation.
- Xiaomi et BYD gagnent du terrain en performance électrique.
- Nouveaux rivaux dans le segment premium et sportif.
- Pression accrue sur Tesla pour transformer les annonces en produits concrets.
Une promesse fascinante face au doute des marchés
Le débat dépasse la seule question technique. Les investisseurs semblent de plus en plus sensibles au décalage entre les annonces spectaculaires et les livraisons réelles. Après plusieurs promesses repoussées, le marché paraît moins disposé à accorder un crédit illimité à Elon Musk. Les actions Tesla affichent ainsi une baisse d’environ 4,5 % sur la semaine et de plus de 16 % depuis le début de l’année. En parallèle, des acteurs comme Alef Aeronautics poursuivent leurs propres essais de mobilité aérienne, avec une approche différente : le Model A utilise huit propulseurs électriques carénés, intégrés dans une structure légère, pour des essais contrôlés de vol. La bataille des voitures volantes est donc bien lancée, mais elle se joue autant dans les laboratoires que dans l’opinion publique.
- Baisse boursière de Tesla sur la période récente.
- Montée des concurrents dans les véhicules électriques avancés.
- Aléf Aeronautics mise sur une solution de propulsion électrique distribuée.
The Kickflip | Roadster – YouTube
Alef flying car flying over Tesla Roadster and Tesla Cybertruck (not AI, real video) – YouTube
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