
1. Un témoignage au cœur de la crise de Gaza
Philippe Lazzarini, ancien commissaire général de l’Unrwa et auteur de Témoin de Gaza : ce qui ne s’efface pas, livre un constat sévère sur la situation des Palestiniens. Invité de RFI, il décrit une réalité marquée par la misère, la détresse et le risque d’un effacement progressif de la question palestinienne sur la scène internationale.
- Unrwa : agence de l’ONU chargée de l’aide aux réfugiés palestiniens
- Gaza : territoire fragilisé par la guerre et la rupture humanitaire
- Question palestinienne : reléguée au second plan dans les débats diplomatiques
2. Des élections sans effet sur le sort des Palestiniens
Interrogé sur l’impact des scrutins en Israël et aux États-Unis, Philippe Lazzarini estime que ces résultats ne changeront pas, à court terme, la vie des Palestiniens. Selon lui, la classe politique israélienne n’a pas placé la question palestinienne au centre de ses programmes, tandis qu’une large partie de l’opinion souhaite voir les habitants de Gaza partir.
- Aucune majorité claire ne ressort du paysage politique israélien
- La question palestinienne n’a pas figuré au cœur des campagnes
- Le rapport de force reste défavorable aux civils de Gaza
3. La peur d’une disparition silencieuse
Pour l’ancien chef de l’Unrwa, le danger ne se limite pas aux souffrances immédiates. Il évoque une menace plus profonde : la disparition d’un peuple, ou du moins l’effacement progressif de sa présence et de ses droits. Il compare cette situation à celle des Indiens d’Amérique, laissés dans des réserves, privés de perspectives et exposés à l’abandon.
- Affaiblissement durable des conditions de vie
- Risque d’oubli international si l’urgence s’estompe
- Perte de repères politiques et humanitaires pour les réfugiés
4. Une communauté internationale accusée d’inaction
Philippe Lazzarini dénonce une passivité qu’il juge difficile à expliquer. À ses yeux, le problème n’est pas un manque d’information, mais l’absence de conséquences face à des violations répétées du droit humanitaire. Il estime que des sanctions, des pressions diplomatiques et des mesures concrètes auraient pu être envisagées, sans jamais être appliquées à la hauteur des enjeux.
- Crimes massifs signalés mais sans réponse suffisante
- Droit international fragilisé par l’absence de ligne rouge
- Sanctions possibles mais non utilisées par les États concernés
5. L’ONU et l’Unrwa face à des obstacles politiques croissants
L’ancien responsable de l’ONU pointe aussi la responsabilité des gouvernements et des institutions européennes. Il cite notamment l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, qui prévoit le respect des droits humains et du droit international. Il revient également sur des événements marquants, comme la résolution de l’ONU de novembre 2025 sur le Board of Peace, qu’il considère comme un affaiblissement des prérogatives du Conseil de sécurité.
- Commission européenne critiquée pour son manque d’action
- Conseil de sécurité fragilisé par le transfert de ses responsabilités
- Jérusalem-Est : symbole de la confrontation autour de la présence de l’Unrwa
6. Une agence sous pression financière et politique
Philippe Lazzarini rappelle que l’Unrwa a traversé une crise aiguë après les accusations israéliennes de janvier 2024, puis une autre vague d’hostilité avec l’adoption de lois anti-Unrwa et la destruction de ses bureaux à Jérusalem-Est. Il alerte aussi sur une situation budgétaire très tendue, avec un déficit d’environ 100 millions de dollars. Selon lui, l’agence reste en danger, d’abord à Gaza, puis potentiellement en Cisjordanie et au-delà, si la pression politique continue.
- Déficit financier structurel qui fragilise l’action humanitaire
- Suspension temporaire de certains financements, puis reprise partielle des dons
- Avenir incertain pour l’aide aux réfugiés palestiniens
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