Israël : Gadi Eisenkot favori pour diriger le prochain gouvernement

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1. Un paysage politique toujours bloqué

En Israël, la journée du 5 novembre est marquée par des consultations décisives menées par le président Isaac Herzog. Après des élections législatives sans majorité nette, la question centrale demeure la même : qui sera chargé de former le prochain gouvernement ? Le scrutin n’a pas dégagé de camp dominant, ce qui ouvre une phase d’intenses tractations entre partis, soutiens ponctuels et stratégies de dernier recours.

2. Gadi Eisenkot en position d’arbitre

Le centriste Gadi Eisenkot apparaît comme l’un des mieux placés dans cette séquence, en partie grâce à un soutien explicite venu d’une formation arabe, Raam. Cette configuration lui donne un avantage symbolique et politique dans les consultations, même si elle ne garantit pas une majorité stable. À l’inverse, le rapport de force reste fragile, car chaque appui compte dans un Parlement fragmenté.

  • Raam soutient clairement le bloc Eisenkot.
  • Le camp centriste cherche à élargir son socle de recommandations.
  • Chaque voix reste déterminante pour atteindre le seuil décisif à la Knesset.

3. Le JUT se retire du jeu de soutien

Un autre élément change l’équation : le parti ultra-orthodoxe Judaïsme unifié de la Torah (JUT), allié historique de Benyamin Netanyahu, a choisi de ne soutenir ni Netanyahu ni Eisenkot. Les responsables du parti ont indiqué au président Herzog qu’ils ne souhaitaient s’aligner que sur un dirigeant prêt à maintenir l’exemption du service militaire pour leurs jeunes. Cette position pèse lourd, car elle réduit les marges du camp Netanyahu et redistribue les cartes au profit du centriste.

  • Le JUT refuse de se ranger derrière l’un ou l’autre camp.
  • Sa priorité reste la défense des intérêts des ultra-religieux.
  • Son abstention fragilise l’équilibre traditionnel des alliances à droite.

4. Une majorité difficile à atteindre

La Knesset compte 120 députés, et il faut au moins 61 sièges pour gouverner. Lors du scrutin, le bloc de Netanyahu a obtenu 53 sièges, contre 48 pour celui de Gadi Eisenkot. Mais avec l’abstention du JUT, le calcul se complique : les soutiens attendus pour Netanyahu tombent à 46, tandis qu’Eisenkot, renforcé par Raam, atteindrait au moins 56 recommandations. Cette mécanique montre à quel point le système israélien dépend de coalitions souples et de négociations serrées.

Les exemples récents illustrent cette difficulté :

  • un parti charnière peut faire basculer toute la formation gouvernementale ;
  • une abstention stratégique peut peser autant qu’un soutien affiché ;
  • la moindre dissidence interne modifie la lecture des résultats.

5. Herzog joue le calendrier constitutionnel

Isaac Herzog poursuit ses consultations jusqu’au soir du 5 novembre, avant de choisir la personnalité la mieux placée pour former un gouvernement. Il dispose ensuite d’un délai allant jusqu’au 11 novembre pour trancher. La personne désignée aura 28 jours pour bâtir une coalition, avec une possible prolongation de 14 jours. Si cette tentative échoue, un autre candidat pourra être nommé. Si le blocage persiste, de nouvelles élections deviendront inévitables, ce qui prolongerait encore l’instabilité politique.

  • 28 jours pour former un gouvernement.
  • +14 jours possibles en cas de besoin.
  • Un nouvel échec peut conduire à une nouvelle désignation.
  • À défaut d’accord, le pays se dirige vers un nouveau scrutin.

6. Netanyahu conteste et durcit le climat politique

Face à ce blocage, Benyamin Netanyahu refuse d’entériner sereinement les résultats. Il évoque de « graves soupçons » d’ingérence étrangère dans les législatives et accuse les partis arabes d’avoir acheté des voix avec l’argent du Qatar. Aucune preuve solide ne vient toutefois appuyer ces accusations, et la commission électorale a confirmé qu’il n’y avait pas eu de fraude massive. Une enquête se poursuit, tandis que les responsables visés, tous Palestiniens d’Israël, dénoncent une persécution politique. Dans ce climat tendu, l’issue dépendra moins des déclarations offensives que de la capacité réelle des acteurs à bâtir une coalition viable.


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