
Une opération israélienne au cœur d’un site sensible
La police israélienne est intervenue mardi 25 août dans un centre de formation professionnelle géré par l’Unrwa à Jérusalem-Est, dans une action menée avec force et assumée politiquement. Selon le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, l’objectif affiché était de faire partir l’agence onusienne du site. Cette opération s’inscrit dans un contexte déjà très tendu autour des institutions internationales présentes dans la ville.
- Lieu : Jérusalem-Est, zone occupée par Israël depuis 1967.
- Acteur principal : la police israélienne, appuyée par le discours du ministre Itamar Ben Gvir.
- Enjeu : la présence de l’Unrwa et son accès à un site de formation pour des jeunes Palestiniens.
Un centre de formation au service de centaines de jeunes
Le site visé se trouve entre le quartier de Kafr Aqab et le camp de réfugiés palestiniens de Qalandia. D’après l’Unrwa, environ 340 Palestiniens originaires de Cisjordanie y suivent chaque année une formation professionnelle, un dispositif important dans une région marquée par le chômage, les restrictions de circulation et les difficultés d’accès à l’emploi. Pour beaucoup de jeunes, ce type de centre représente une voie concrète vers une qualification et une autonomie économique.
- Formation professionnelle : un levier pour acquérir des compétences utiles sur le marché du travail.
- Public concerné : des jeunes Palestiniens de Cisjordanie.
- Impact social : l’arrêt ou la perturbation des cours peut fragiliser des parcours déjà précaires.
La stratégie israélienne contre l’Unrwa
Depuis le début de l’année 2025, les autorités israéliennes ont interdit toute activité de l’Unrwa sur leur territoire, en accusant l’agence de servir de couverture au Hamas. Cette décision a transformé la présence de l’organisation onusienne en sujet de confrontation directe avec le gouvernement israélien. Mardi, Itamar Ben Gvir a publiquement revendiqué l’opération en affirmant que « l’Unrwa est entre nos mains », tout en diffusant une image montrant le drapeau israélien sur le toit du centre.
- Accusation israélienne : l’Unrwa serait utilisée à des fins politiques par le Hamas.
- Réponse sur le terrain : fermeture et prise de contrôle de certains sites liés à l’agence.
- Message politique : afficher une reprise de contrôle sur un lieu symbolique à Jérusalem-Est.
Les avertissements répétés de l’agence onusienne
Avant l’intervention de la police, l’Unrwa avait alerté à plusieurs reprises sur les menaces visant ce centre de formation. L’agence avait notamment souligné que la situation pouvait mettre en danger la continuité des cours et les droits des étudiants. La visite du centre, la veille de l’opération, par des représentants de plus de 25 missions diplomatiques et organisations internationales, montre aussi l’attention portée à ce dossier par la communauté internationale.
- Signal diplomatique : la présence de nombreuses missions internationales a attiré l’attention sur le site.
- Alerte de l’Unrwa : les menaces avaient été annoncées avant l’intervention.
- Dimension humanitaire : la formation des jeunes devient un enjeu de protection et de stabilité.
L’ONU rappelle le principe d’inviolabilité
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné l’entrée des forces israéliennes dans le centre. Par la voix de son porte-parole Stéphane Dujarric, l’Organisation des Nations unies a exprimé sa forte inquiétude, estimant que cette action priverait les jeunes d’une formation essentielle. L’ONU a aussi rappelé que ses locaux sont inviolables et bénéficient d’une immunité contre toute ingérence.
- Principe juridique : les locaux de l’ONU ne doivent pas être soumis à une intervention extérieure.
- Préoccupation immédiate : la continuité éducative des étudiants concernés.
- Référence internationale : l’avis consultatif de la Cour internationale de justice interdit toute mesure contre les biens et avoirs des Nations unies.
Un dossier lourd de tensions à Jérusalem-Est
Au-delà de l’incident lui-même, cet épisode illustre la pression croissante exercée sur l’Unrwa à Jérusalem-Est, dans un contexte de conflit prolongé et de rivalités institutionnelles. La prise de contrôle du centre de formation ne touche pas seulement une administration : elle affecte des étudiants, des familles et une population déjà exposée aux effets de l’occupation, des restrictions et de l’incertitude. Entre enjeux diplomatiques, accusations politiques et protection du droit international, l’affaire devient un test concret pour la présence humanitaire et éducative dans la ville.
- Enjeu local : l’accès à l’éducation et à la formation.
- Enjeu international : le respect des obligations liées au statut des Nations unies.
- Enjeu politique : la volonté israélienne de réduire la place de l’Unrwa sur le terrain.
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