Ali Larijani, nouvel homme fort du régime iranien

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Un rendez-vous public sous les bombes

Vendredi 13 mars, au cœur de Téhéran, une foule compacte a célébré la journée de Qods (Journée de Jérusalem) malgré des frappes aériennes visant les alentours : images télévisées montrent la procession réagir aux explosions et aux épais panaches de fumée, et les agences locales rapportent au moins une victime civile (une femme) touchée par les frappes — un exemple concret du risque pour les manifestants lors d’un rassemblement pro-gouvernemental marqué par des slogans hostiles à l’Occident et à Israël.

Ali Larijani en première ligne

Aux côtés du président Massoud Pezeshkian, Ali Larijani est apparu au centre de la capitale, prenant visiblement la tête du cortège et s’exprimant à la télévision d’État pour défier les pressions étrangères ; il a notamment affirmé que plus la pression augmentait, plus la détermination du peuple iranien se renforçait — un exemple d’intervention publique destinée à conforter son image de leader rassurant et ferme en période de crise.

Parcours et retour au pouvoir

Ancien membre des Gardiens de la Révolution et diplomate de formation, Larijani a connu une trajectoire sinueuse : écarté de la présidentielle en 2021, il est revenu sur le devant de la scène depuis la « guerre des 12 jours » en juin dernier, où il a accru son rôle dans la gestion des questions militaires — un exemple tangible de comment une crise peut propulser un dirigeant expérimenté vers des responsabilités opérationnelles accrues.

Un nouvel équilibre des pouvoirs en Iran

L’apparition publique de Larijani illustre un rééquilibrage des pouvoirs au sommet de la République islamique, où l’autorité reste fragmentée et opaque. Points clés :

  • Acteurs centraux : le nouveau guide suprême (Mojtaba Khamenei, peu visible), le président Pezeshkian, Ali Larijani, le président du Parlement et les pasdarans (Gardiens de la Révolution).
  • Rôle de Larijani : coordination des questions sécuritaires et voix influente au sein des comités décisionnels.
  • Opacité : les décisions résultent d’un jeu de coalitions plutôt que d’un seul homme, rendant les lignes de responsabilité difficiles à tracer.

Conséquences pour la politique intérieure et la sécurité

La montée en visibilité de Larijani a des répercussions concrètes : renforcement du discours nationaliste lors des mobilisations, priorité donnée aux réponses militaires et sécuritaires, et risque accru de tensions régionales. Exemples précis :

  • Manifestations organisées avec slogans et brûlage de drapeaux pour galvaniser l’opinion interne.
  • Décisions de sécurité prises par des comités où la voix de Larijani pèse fortement, ce qui peut accélérer des réponses militaires.
  • Impact humain immédiat : civils touchés par les frappes, comme indiqué par les reportages télévisés et agences locales.

Scénarios à venir et enjeux régionaux

Face à l’absence publique prolongée du nouveau guide suprême et à l’affirmation d’Ali Larijani, plusieurs trajectoires sont possibles, qui auront chacune des implications distinctes pour la région :

  • Consolidation militaire : renforcement du rôle des pasdarans et centralisation des décisions militaires (ex. coordination accrue entre les organes de sécurité).
  • Politique de posture : usage de rassemblements publics pour légitimer des politiques internes et envoyer un message aux adversaires externes.
  • Fragmentation et incertitude : rivalités internes persistantes pouvant entraîner des décisions contrastées et une diplomatie imprévisible.

Ces scénarios montrent que la visibilité d’un leader comme Larijani n’est pas seulement symbolique : elle peut traduire une réorganisation durable des centres de pouvoir et orienter la manière dont l’Iran répondra aux pressions extérieures et gérera sa stabilité intérieure.


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