
Une opération de terrain pour répondre à une crise humaine
À Koumassi, dans le quartier de Campement à Abidjan, la destruction de plusieurs habitations au début du mois de juin a laissé derrière elle un paysage de désolation et d’incertitude. Pour accompagner les familles touchées, l’Observatoire du Barreau de Côte d’Ivoire pour les droits humains a mis en place, depuis le 19 juin, une assistance juridique destinée à aider les sinistrés à réclamer des réparations. L’initiative intervient dans un contexte où de nombreux habitants se disent privés non seulement de leur logement, mais aussi de leurs repères, de leurs biens et de leurs revenus locatifs.
Des destructions massives et des habitants désemparés
La démolition d’une partie du quartier a provoqué une vague de détresse chez les propriétaires et les locataires. Parmi eux, Yao N’Da, chef coutumier de Campement Koumassi, dit avoir perdu presque tout ce qu’il possédait. Selon son témoignage, deux bâtiments ont été touchés, dont un immeuble et une maison de cinq pièces. Il explique aussi que les installations ont été endommagées, avec des éléments d’électricité et de plomberie arrachés ou détruits. Cette situation illustre la violence du choc subi par les familles, qui doivent désormais gérer à la fois la perte matérielle et l’incertitude sur l’avenir de leurs terrains.
- Deux semaines après les faits, les habitants cherchent encore à évaluer l’ampleur des dégâts.
- Les pertes concernent aussi bien les logements que les infrastructures techniques.
- De nombreux résidents disent ne plus savoir comment protéger leurs droits.
Une plainte sociale qui prend aussi une dimension judiciaire
Au cœur de cette affaire, Jacques Brou, le particulier qui revendique ces terrains, a été arrêté par la police. Il est poursuivi pour troubles à l’ordre public et destruction volontaire du bien d’autrui. Cette évolution judiciaire montre que le dossier dépasse désormais le simple différend foncier : il soulève des questions sur la légalité des destructions, la protection des biens privés et la responsabilité des acteurs impliqués. Dans un contexte urbain où la pression foncière est forte, les litiges autour de la propriété deviennent souvent explosifs lorsque les procédures ne sont pas clarifiées à l’avance.
Le rôle clé de l’Observatoire du Barreau
Face à cette situation, l’Observatoire du Barreau de Côte d’Ivoire pour les droits humains a choisi d’agir rapidement. Son objectif est d’orienter les familles dans les démarches administratives et judiciaires nécessaires pour demander réparation. Me Drissa Traoré, président de la structure, souligne deux obstacles majeurs : la disponibilité des documents et l’évaluation des biens détruits. En effet, beaucoup de familles n’ont pas pu sauver leurs titres de propriété, reçus ou pièces justificatives lors des destructions, ce qui complique toute procédure de revendication.
- Accompagnement pour réunir les preuves de propriété.
- Conseils pour constituer un dossier de réparation du préjudice.
- Appui pour estimer la valeur des maisons, terrains et équipements perdus.
Des pertes matérielles, mais aussi psychologiques et sociales
Parmi les personnes touchées, Masandjé Koné raconte elle aussi un quotidien bouleversé. Elle affirme avoir perdu deux bâtiments, tandis que ses locataires ont, eux aussi, tout perdu. Au-delà des murs détruits, c’est l’équilibre de vie qui s’effondre : les enfants dispersés, les familles désorganisées et la pression émotionnelle rendent la reprise extrêmement difficile. Ce type de crise montre que les destructions de logements ne provoquent pas seulement un dommage économique ; elles entraînent aussi une souffrance psychologique durable, particulièrement lorsque les victimes n’ont pas de solution de relogement immédiate.
Des chiffres qui donnent la mesure du choc
Les familles qui ont saisi l’Observatoire du Barreau estiment qu’au moins 420 parcelles ont été détruites au début du mois de juin. Même si ce chiffre doit encore être consolidé par des vérifications juridiques et techniques, il donne une idée de l’ampleur du désastre urbain. Dans ce type de dossier, les difficultés sont nombreuses : absence de documents, évaluation des pertes, identification des ayants droit, et preuve du lien entre les parcelles et leurs occupants. Pour les habitants de Campement Koumassi, l’enjeu est désormais double : obtenir justice et reconstruire des conditions de vie dignes.
- 420 parcelles au moins concernées selon les familles.
- Des obstacles administratifs freinent les demandes de compensation.
- La reconstruction matérielle devra aller de pair avec un accompagnement humain.
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