
Un appel à la grève qui réveille le Kurdistan iranien
La grève générale lancée le 8 janvier par le bloc des partis politiques kurdes en Iran a été une réponse organisée au douzième jour de la contestation nationale. Elle a touché des dizaines de villes et villages à majorité kurde — notamment Kermanshah, Ilam et des localités du Lorestan — et visait à manifester la solidarité des Kurdes avec le mouvement national sans provoquer d’escalade armée. Exemple : dans plusieurs centres urbains, boutiques et administrations sont restées fermées durant la journée pour montrer l’ampleur de la mobilisation.
Pourquoi éviter l’escalade militaire ?
Les responsables kurdes expliquent qu’ils refusent d’introduire des moyens militaires extérieurs ou d’inciter à des confrontations armées qui mèneraient à une répression sanglante. Points clés :
- Risque élevé de répression ciblée par les forces de sécurité dans les régions kurdes.
- Envoi de peshmergas depuis le Kurdistan irakien n’est pas souhaité, pour éviter une justification de la militarisation.
- Préoccupation sur le coût humain — parmi les victimes recensées, une part importante est originaire du Kurdistan ou du Lorestan.
Exemple précis : des affrontements locaux ont déjà conduit à des pertes massives, ce qui rend prudente la stratégie kurde actuelle.
Répression documentée et attaques contre les soins
Des organisations locales ont signalé des épisodes de violence extrême, notamment des interventions violentes à Malekshahi et une attaque signalée contre l’hôpital d’Ilam où étaient traités des blessés. Cela a donné l’impression à certains témoins d’être au cœur d’une situation de guerre. Exemples d’impact :
- Des blessés empêchés d’accéder à des soins sûrs.
- Des observateurs et ONG locales documentant arrestations et exactions.
Arrestations et appels à l’aide internationale
La répression a entraîné des centaines, voire des milliers d’arrestations dans le Kurdistan iranien et ailleurs en Iran. Les responsables kurdes appellent la communauté internationale à suivre la situation et à soutenir les manifestants face aux détentions et violations des droits. Points concrets :
- Documentation des arrestations par des ONG.
- Demandes d’intervention diplomatique et de pressions ciblées sur les autorités.
Exemple : des syndicats et groupes de défense des droits ont relayé des listes d’arrestations pour alerter les ambassades et organisations internationales.
Une coalition kurde plus unie et stratégique
Le bloc kurde à l’origine de l’appel a pris forme récemment, tirant les leçons du mouvement « Femme, Vie, Liberté » : il veut éviter les divisions et renforcer les alliances. Objectifs affichés :
- Consolider un front politique kurde plus solide.
- Créer des coalitions avec d’autres minorités et la gauche iranienne.
- Promouvoir la reconnaissance de la nature multiethnique de l’Iran et envisager le fédéralisme.
Exemple : des initiatives de coordination médiatique et de représentation commune sont prévues pour augmenter la visibilité du front kurde dans les semaines à venir.
Perception de l’opposition monarchiste et enjeux internationaux
Les responsables kurdes expriment une réserve vis‑à‑vis de Reza Pahlavi : s’il bénéficie d’une forte visibilité médiatique et de ressources externes, il est critiqué pour ne pas reconnaître la diversité ethnique de l’Iran. Points à retenir :
- Préoccupation sur l’influence financière et médiatique de l’exil royal.
- Doute quant à son attractivité réelle auprès des populations multiethniques.
- Crainte que certains chancelleries le présentent à tort comme une alternative crédible.
Exemple : alors que Pahlavi apparaît souvent dans les médias internationaux, les représentants kurdes et d’autres minorités militent pour une solution inclusive qui reconnaisse les droits des peuples non‑persans.
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