
Un rassemblement empêché au cœur du MRC
Le 29 novembre 2025, la convention extraordinaire du MRC, dirigée par Maurice Kamto, n’a pas pu se tenir comme prévu. Le but de cette réunion était le renouvellement du directoire, avec M. Kamto comme seul candidat à la présidence du parti. Ce rendez-vous politique a été neutralisé dès le départ par des mesures policières : le siège du parti a été rendu inaccessible et l’ancien leader n’a pas pu rejoindre le lieu des débats à cause d’un important dispositif de sécurité autour de son domicile.
Un dispositif sécuritaire massif et visible
Tout au long de la journée, policiers et gendarmes étaient déployés autour du siège du MRC au quartier Odza. Les forces de l’ordre ont :
- érigé une barricade sur la bretelle d’accès principale,
- gardé les abords du bâtiment, empêchant l’entrée,
- contrôlé les voies menant à la résidence de Maurice Kamto à Santa Barbara.
Ce dispositif a transformé les accès en zones fermées et a créé un face-à-face circulant entre militants et forces de l’ordre sans incident majeur.
Réactions des militants et ambiance sur place
Les militants, venus des quatre coins du pays, se sont rassemblés en petits groupes dans les bars et aux abords du siège. Malgré la tension, la situation est restée calme jusqu’en fin d’après-midi. Exemples concrets :
- des groupes de soutiens organisant des prises de parole informelles face aux barrages,
- des vigiles citoyens documentant par photos et vidéos la présence policière,
- des tentatives de négociation par des responsables locaux pour obtenir des informations officielles sur l’interdiction.
Ces éléments montrent une mobilisation importante mais contenue, avec volonté d’éviter l’escalade.
Les accusations du MRC : encerclement et atteinte aux libertés
Dans un communiqué, le MRC a dénoncé un « encerclement permanent, illégal et sans motif » de son président. Le parti a estimé que Maurice Kamto était soumis à un véritable siège de fait, dénonçant une violation de la Constitution et des droits humains. Le MRC a également parlé d’une dérive autoritaire, soulignant l’absence de décision judiciaire justifiant un tel déploiement.
Motif officiel des autorités et cadre juridique
Les autorités ont officiellement interdit la convention en invoquant un risque de troubles à l’ordre public. Ce type de motif est souvent utilisé pour justifier des interdictions de rassemblements. Points à considérer :
- le pouvoir peut invoquer la sécurité publique pour restreindre des réunions politiques,
- l’absence d’une décision de justice explicite alimente les contestations sur la légalité des mesures,
- les possibles recours juridiques : plainte pour entrave au droit de réunion ou saisine des instances internationales des droits humains.
La question juridique porte sur la proportionnalité et la base légale de l’interdiction.
Conséquences politiques et perspectives
L’incident renforce les tensions entre le MRC et les autorités, et il alimente le débat public sur la liberté d’association au Cameroun. Conséquences et pistes :
- renforcement de la mobilisation des sympathisants du MRC à court terme,
- possibilité de recours juridiques pour contester l’interdiction,
- risque d’une polarisation accrue du paysage politique si des mesures similaires se répètent.
En observant des précédents régionaux et locaux, trois stratégies émergent pour le MRC : documenter et médiatiser l’événement, engager des actions juridiques, et chercher des alliances politiques pour faire pression sur les autorités. Ces options détermineront l’évolution du conflit entre la formation et l’État.
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