Cannes Critics’ Week révèle quatre courts Next Step d’Indonésie

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Next Step Studio : une rampe de lancement pour de nouveaux talents

Le programme Next Step Studio, initié par la Semaine de la Critique de Cannes, se présente comme une véritable école accélérée pour passer du court au long métrage. Inspiré du concept de La Factory au Directors’ Fortnight, il invite des cinéastes émergents à co-écrire et co-réaliser des courts de 15 à 17 minutes afin de donner une voix commune à des équipes internationales. Exemples concrets et points-clés :

  • Objectif : accompagner la transition vers le premier long métrage.
  • Méthode : ateliers intensifs de co-écriture et de production collaborative.
  • Impact : >80 cinéastes participants et près de 50 premiers longs déjà réalisés via le dispositif.

Une édition ancrée en Indonésie et soutenue par de nombreux partenaires

Pour sa première édition indonésienne, Next Step Studio met en lumière le cinéma local en le croisant avec des voix internationales. La production rassemble des organismes publics et privés, démontrant un écosystème filmique actif et solidaire. Points essentiels et partenaires cités :

  • Producteurs : Yulia Evina Bhara, Amerta Kusuma, Dominique Welinski.
  • Co‑producteurs et soutiens : studios et festivals locaux, gouvernements provinciaux, ministère de la Culture, ambassades et instituts culturels.
  • Dates : projections prévues pendant la Semaine de la Critique à Cannes, du 13 au 21 mai.

Quatre courts, quatre regards : thèmes et formats

La sélection présente quatre courts indonésiens co-réalisés avec des partenaires régionaux, offrant une palette de genres et de propositions formelles : du réalisme social à l’onirisme intime. Résumé pratique :

  • Holy Crowd — 16′ (Indonésie/France) : foi, exploitation et miracle.
  • Original Wound — 14′ (Indonésie/France) : mémoire familiale et héritage de la violence.
  • Annisa — 14′ (Indonésie/France) : handicap, son et réclamation de la parole.
  • Mothers Are Mothering — 17′ (Indonésie/France) : intimité, traumatisme et hallucination.

Ces titres offrent des exemples de sujets contemporains souvent absents du circuit commercial, tout en privilégiant la singularité visuelle et sonore.

Holy Crowd : quand le miracle devient un objet social

Synopsis synthétique : après une résurrection apparente, Ratna devient le centre d’un phénomène collectif mêlant foi et exploitation, forçant son mari Arif à affronter la « foule ». Éléments à retenir :

  • Distribution : Prilly Latuconsina, Yusuf Mahardika, Yudi Ahmad Tajudin, Arswendy Bening Swara.
  • Équipe technique : DOP Vera Lestafa (Indonesian Cinematographers Society), montage Carlo Francisco Manatad.
  • Approches possibles : plan-séquence pour la dynamique de foule, contraste lumière/obscurité pour questionner le sacré vs. le spectaculaire.

Exemple d’analyse : le film interroge comment les rituels et les médias transforment une expérience intime en spectacle public — un thème déjà exploré par des œuvres documentaires et fictionnelles sur les cultes du miracle.

Original Wound et Annisa : mémoire, corps et voix

Ces deux courts explorent la relation au corps et aux souvenirs, chacun par une approche différente mais complémentaire.

  • Original Wound — synopsis : frères et sœur hantés par une mère qui contrôlait leur foyer ; la mémoire bascule entre soin et abus. Distribution : Agnes Naomi, Omara Esteghlal, Vivian Idris. DOP : Vera Lestafa ; montage : Carlo Francisco Manatad. Techniques probables : alternance de temporalités, motifs répétitifs pour matérialiser l’emprise.
  • Annisa — synopsis : Anissa, adolescente non voyante, navigue un environnement sonore dense et trouve une manière inattendue de se faire entendre pendant une fête de quartier. Distribution : Choirunnisa Fernanda, Nazira C. Noer, Shakeel Fauzi. DOP : Faozan Rizal ; montage : Carlo Francisco Manatad. Axes formels : design sonore immersif, subjectivité auditive, jeux sur le hors-champ.

Exemples concrets d’influence : l’usage du son pour créer une perspective interne (Annisa) ou la narration fragmentée pour révéler des traumatismes (Original Wound).

Mothers Are Mothering : intimité fracturée et désir d’évasion

Synopsis condensé : Nia, cinquante ans, subit une relation conjugale violente ; la réapparition d’un ancien amant mêle désir et danger, la réalité glissant vers la hallucination. Points clés :

  • Distribution : Happy Salma, Asmara Abigail, Yudi Ahmad Tajudin.
  • Équipe : DOP Deska Binarso, montage Carlo Francisco Manatad.
  • Thématiques : violence domestique, mémoire sensorielle, quête d’évasion.
  • Pourquoi le voir : pour son exploration intime de la dissociation et la manière dont le cinéma peut représenter l’effritement du réel.

En point d’appui, ce film illustre comment le court métrage peut fournir un terrain d’expérimentation narratif et esthétique, propice à des propositions fortes qui annoncent des auteurs à suivre lors de la prochaine étape : le long métrage.


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