Cisjordanie: l’Autorité palestinienne dénonce le terrorisme des colons

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Une Cisjordanie occupée sous tension croissante

La situation en Cisjordanie occupée s’aggrave, selon les alertes répétées de l’ONU et les données relayées par l’Autorité palestinienne. Entre colonisation en expansion, violences de colons et opérations militaires israéliennes, le territoire vit une montée continue des affrontements. L’épisode récent de Tell, dans le nord, illustre cette spirale : deux Israéliens et quatre Palestiniens y ont été tués après des heurts présentés par les Palestiniens comme une attaque de colons suivie d’une riposte des villageois.

Des chiffres qui décrivent une crise profonde

Les autorités palestiniennes veulent montrer que la violence ne relève pas d’incidents isolés, mais d’un phénomène structurel. Depuis le début de l’année 2026, elles disent avoir recensé plus de 11 000 attaques contre des Palestiniens. Le bilan humain est lourd : 86 Palestiniens tués, dont 21 par des colons, ainsi que 26 communautés bédouines déplacées et 45 mosquées ciblées. Ces données traduisent une réalité vécue quotidiennement par des populations civiles exposées à des attaques, des destructions de biens et des déplacements forcés.

  • 11 000+ attaques recensées depuis janvier 2026
  • 86 Palestiniens tués
  • 26 communautés bédouines déplacées
  • 45 mosquées visées

La colonisation, un fait massif et contesté

Environ 500 000 Israéliens vivent aujourd’hui dans des colonies implantées en Cisjordanie occupée, au milieu de près de 3 millions de Palestiniens. Pour le droit international, ces colonies sont considérées comme illégales, mais elles continuent de s’étendre. Cette réalité démographique et territoriale nourrit un climat de défiance permanent. Dans plusieurs zones, l’implantation de nouveaux avant-postes, la confiscation de terres et les restrictions de circulation modifient l’équilibre local et renforcent le sentiment d’encerclement des villages palestiniens.

Tell, un épisode révélateur des tensions

L’attaque survenue à Tell a cristallisé les accusations mutuelles. Côté palestinien, l’exécutif affirme que des villageois ont été attaqués par des colons et qu’ils se sont défendus. Les autorités israéliennes, elles, ont déclenché une opération militaire de grande ampleur dans le nord de la Cisjordanie occupée, présentée comme une action « anti-terroriste ». Dans ce type de séquence, la bataille se joue autant sur le terrain que dans le récit des faits, chaque camp cherchant à imposer sa lecture des événements et la légitimité de ses actes.

  • Tell a servi de déclencheur à une nouvelle escalade
  • Les Palestiniens évoquent une attaque de colons
  • Israël parle d’une opération anti-terroriste

La colère de l’Autorité palestinienne face à l’impunité

La ministre palestinienne des Affaires étrangères, Varsen Aghabekian, estime que la violence des colons n’est plus un phénomène périphérique mais un outil central de la colonisation. Selon elle, le but est de modifier la carte démographique et d’imposer une nouvelle réalité sur le terrain. Elle dénonce aussi une impunité quasi systématique : d’après les chiffres cités par l’Autorité palestinienne, 92 % des cas ne donnent lieu à aucune poursuite et seulement 3 % aboutissent à des arrestations ou inculpations en Israël. Pour Ramallah, cette absence de sanctions alimente la répétition des attaques.

Dans son analyse, le vocabulaire compte autant que les actes. Elle affirme que si des Palestiniens commettaient des faits comparables, ils seraient immédiatement qualifiés de terroristes. Elle insiste donc sur une idée clé : la violence contre les civils ne devrait pas changer de nom selon l’identité de ceux qui la commettent.

Une population prise entre peur, défense et survie

Sur le terrain, les habitants palestiniens vivent entre autodéfense, peur des agressions et perte progressive de leurs espaces de vie. Les témoignages évoquent des villages encerclés, des routes devenues impraticables, des terres difficiles d’accès et des avant-postes qui surgissent à proximité immédiate. Les mosquées ciblées, les familles déplacées et les affrontements récurrents créent un environnement où la vie quotidienne devient une épreuve. Dans ce contexte, la Cisjordanie occupée apparaît comme un espace où la question n’est plus seulement politique, mais aussi profondément humaine, avec des conséquences directes sur la sécurité, la mobilité et l’avenir des habitants.

  • Villages sous pression par la proximité des colonies
  • Déplacements forcés de communautés bédouines
  • Sites religieux et habitations régulièrement ciblés
  • Climat d’impunité qui entretient la répétition des violences

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