Cisjordanie : les communautés palestiniennes submergées par une violence inédite

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Une terre sous pression permanente

En Cisjordanie occupée, la violence s’intensifie au détriment des communautés palestiniennes, au point que le hameau de Khirbet a-Taban a été entièrement détruit par l’armée israélienne le 2 septembre, laissant environ 70 personnes sans abri. Des étables, des citernes d’eau et d’autres infrastructures essentielles ont aussi été rasées, illustrant une réalité devenue quotidienne pour de nombreux habitants. Selon B’Tselem, ce type d’expulsion forcée s’inscrit dans une dynamique plus large qui touche désormais des dizaines de communautés palestiniennes.

Colons, armée et violences croisées

Les témoignages recueillis auprès de B’Tselem et de Rabbins pour les droits de l’Homme décrivent une multiplication des attaques de colons dans plusieurs zones de Cisjordanie, notamment à Silwad, Sinjil, Umm al-Khair et Qusra. Les organisations affirment que ces agressions sont souvent menées en présence, voire avec l’appui, de l’armée israélienne. Dans certains cas, l’armée intervient officiellement pour « protéger », mais sur le terrain, les Palestiniens disent voir des arrestations de civils locaux pendant que les colons restent en place.

  • Attaques répétées contre des villages palestiniens.
  • Présence militaire qui ne stoppe pas toujours les assauts.
  • Déplacements forcés de familles et perte de moyens de subsistance.

Un climat décrit comme « sans précédent »

Pour Anton Goodman, directeur par intérim de Rabbins pour les droits de l’Homme, la situation actuelle se distingue par une ampleur inédite. Il évoque des attaques quotidiennes dans toute la Cisjordanie, à une échelle jamais observée auparavant. Cette montée de la violence serait liée à l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement israélien présenté comme le plus à droite de l’histoire du pays, avec des responsables politiques favorables à l’expansion des colonies et à un contrôle accru sur les Palestiniens. Le contexte post-7 octobre aurait aussi renforcé la peur, la radicalisation et la tolérance envers les groupes extrémistes.

  • Recrudescence après les dernières élections.
  • Gouvernement ultra-nationaliste et ministères confiés à des figures radicales.
  • Climat de peur alimenté par la guerre et les traumatismes récents.

La stratégie des avant-postes et de l’appropriation

Les organisations de défense des droits humains décrivent une méthode progressive : intimidation, pâturages traversant les villages, installation de tentes, puis création d’avant-postes illégaux et, finalement, prise de maisons. Selon cette lecture, il ne s’agirait pas d’incidents isolés, mais d’une stratégie pensée pour modifier la réalité démographique sur le terrain. Yair Dvir, porte-parole de B’Tselem, estime que ce mécanisme correspond à un nettoyage ethnique, car il vise à pousser la population palestinienne vers des espaces toujours plus réduits.

  • Pression graduelle sur les villages palestiniens.
  • Implantation d’avant-postes pour verrouiller le terrain.
  • Déplacement des familles après l’installation de la peur et du harcèlement.

Démolitions, permis impossibles et vies suspendues

Au-delà des attaques de colons, les Palestiniens font face à des démolitions administratives décidées par l’armée israélienne au motif que certains bâtiments auraient été construits sans permis. Or, obtenir un permis de construire est extrêmement difficile : les demandes déposées par les Palestiniens n’aboutissent le plus souvent à aucune réponse. Ils se retrouvent donc dans une impasse où bâtir sur leur propre terrain expose à la destruction. Cette situation concerne des habitations, mais aussi des installations agricoles indispensables à la survie économique des familles.

  • Permis rarement accordés aux Palestiniens.
  • Ordres de démolition fréquents et rapides.
  • Fragilisation de l’agriculture et de l’habitat.

Un système accusé de protéger l’expansion coloniale

Les deux interlocuteurs de RFI estiment que l’armée et les autorités israéliennes ne se contentent pas de tolérer les colons : elles participeraient à un système plus vaste de soutien matériel et institutionnel. Yair Dvir affirme qu’Israël a fourni des armes, des financements et une protection à de nombreuses colonies et avant-postes, tandis qu’Anton Goodman souligne que des fonds publics servent parfois à des infrastructures ou à de la technologie destinées à ces implantations. Dans ce cadre, la police et l’armée seraient perçues comme agissant moins pour protéger les Palestiniens que pour consolider une présence israélienne durable en Cisjordanie.

  • Financement public d’infrastructures liées aux implantations.
  • Protection politique et militaire des avant-postes.
  • Réduction de l’espace palestinien au profit d’un contrôle israélien renforcé.

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