
Un village traumatisé par une attaque meurtrière
Dans le village de Qaryut, situé entre Ramallah et Naplouse en Cisjordanie occupée, une attaque le 3 mars a laissé la communauté sous le choc. Deux frères, Mohamed et Fahim Mouammar (48 et 52 ans), ont été tués lors d’une confrontation d’environ quarante minutes entre des villageois et un groupe d’environ vingt colons armés. Un témoin secouriste décrit la scène : la trace de sang au sol, une balle en pleine tête, et des cartouches ramassées sur place. Cet épisode illustre une violence qui, selon des ONG, s’est intensifiée depuis le début du conflit entre l’Iran et les forces israélo-américaines le 28 février.
Les détails de l’attaque et les indices matériels
Les témoignages recueillis sur place offrent des éléments précis sur le déroulé et l’armement utilisé. Bachar, secouriste, a retrouvé des munitions et identifie un fusil d’assaut de type M16 et des cartouches marquées, interprétées comme des balles « explosives ». Jamil, frère des victimes, a été lui-même blessé au pied par ces munitions et raconte que Fahim est mort dans l’ambulance, touché à une artère. Les éléments clés :
- Heure : attaque en pleine journée, à midi.
- Durée : confrontation d’environ 40 minutes.
- Armement : fusil d’assaut M16, cartouches marquées.
- Victimes : deux morts, au moins un blessé.
Contexte local : colonies, bulldozer et tensions
L’attaque s’inscrit dans un contexte local tendu : Qaryut est entouré de colonies — nommément Shilo et Eli — et certaines zones du village sont considérées comme « très dangereuses ». Le matin même, un colon équipé d’un bulldozer avait tenté de tracer une piste visant à relier des colonies, provoquant l’intervention des villageois. Quelques heures plus tard, un retour en force d’un groupe violent a conduit à l’opération punitive. Exemples et conséquences :
- Usage de bulldozer pour créer des voies d’accès entre colonies.
- Réponses villageoises pour empêcher l’appropriation de terres.
- Escalade en représailles menant à des attaques armées contre civils.
Réponses officielles et impunité perçue
L’armée israélienne a annoncé l’ouverture d’une « enquête » et a publiquement condamné les faits, mais les habitants dénoncent une impunité persistante. Jamil affirme que l’un des assaillants était identifiable et que, malgré l’arrivée de l’armée et de la police presque une heure après les faits, ce même individu a pu revenir s’installer le lendemain. Les éléments à retenir :
- Délai d’intervention : forces arrivées près d’une heure après la confrontation.
- Prétendue absence de sanction : assaillant reconnaissable revenu sur place.
- Perception locale : sentiment d’abandon et d’impunité.
Impact humanitaire et témoignages vivants
Au-delà des chiffres, l’impact sur les familles et sur la vie quotidienne est profond : maisons grillagées comme des prisons, vergers rendus dangereux, perte de proches, et blessures physiques et psychologiques. Le récit de Jamil, qui a vu son frère mourir dans l’ambulance, illustre la brutalité et la soudaineté de ces violences. Conséquences concrètes observées :
- Renforcement des protections autour des habitations (grillages).
- Restriction des déplacements et climat de peur permanent.
- Perte de moyens de subsistance quand vergers et terres sont menacés.
Perspectives politiques et montée des tensions régionales
Des organisations comme Yesh Din ont signalé une hausse des incidents de violence des colons depuis le début du conflit régional lié à l’attaque israélo-américaine contre l’Iran. L’Autorité palestinienne parle d’une « escalade majeure » du terrorisme des colons, imputant une partie de la dynamique à la situation internationale. Points essentiels à garder en mémoire :
- Corrélation temporelle : augmentation des incidents depuis fin février.
- Dimension politique : violences locales influencées par des tensions régionales.
- Besoin d’enquêtes indépendantes : pour établir responsabilités et freiner l’impunité perçue.
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