
Violence en Cisjordanie : un phénomène qui s’intensifie
La hausse des agressions de colons contre les Palestiniens en Cisjordanie interpelle désormais les plus hautes autorités israéliennes. Des officiers supérieurs de l’armée et le président Isaac Herzog estiment que des lignes rouges ont été franchies. Exemple concret : près de Tulkarem, à Beit Lid, un groupe d’environ 200 colons a mené un raid qui a fait des blessés et des dégâts matériels, illustrant une tendance à la fois plus fréquente et plus violente qu’auparavant.
Mode d’action des raids : tactiques et cibles
Les attaques se caractérisent par des descentes brutales depuis les collines, souvent en groupes masqués, visant villages, campements bédouins et infrastructures agricoles ou industrielles. Dans l’incident de Beit Lid :
- Un groupe a incendié véhicules, enclos et maisons, tenté des vols de bétail et attaqué un campement bédouin.
- Un autre groupe a ciblé une usine laitière, incendiant cinq camions et saccageant les installations.
Statistiques et portée géographique
Les chiffres montrent une aggravation :
- 74 attaques recensées en octobre, soit près de +30 % par rapport à l’année précédente.
- L’ONU (OCHA) évoque en moyenne huit attaques par jour pendant des périodes sensibles comme la récolte des olives.
- Depuis le début de l’année, 174 Palestiniens blessés, une hausse de 12 % par rapport à l’année passée.
Ces violences touchent l’ensemble de la Cisjordanie, du sud d’Hébron à Naplouse, en passant par la région de Jérusalem.
Les acteurs : colons radicalisés et avant-postes
Une partie des agressions est attribuée à des colons radicalisés, appelés les « jeunes des collines », souvent liés à la multiplication des avant-postes — colonies illégales et de petite taille. Exemples et constats :
- Plus de 200 avant-postes recensés par l’ONG La Paix Maintenant.
- Renforcement militaire contrebalançant l’extension coloniale : déploiement estimé à 21 bataillons en Cisjordanie contre 13 il y a deux ans.
Réponses institutionnelles et critiques
L’armée affirme condamner et poursuivre la violence : discours de tolérance zéro pour les contrevenants selon un porte-parole, et déclarations d’arrestations après certains raids. Pourtant, ONG et observateurs dénoncent des enquêtes parfois incomplètes ou une permissivité tacite. Exemples de tensions :
- Des militaires déclarent devoir empêcher les crimes nationalistes tout en reconnaissant la difficulté d’agir systématiquement.
- Des ONG rappellent que des enquêtes internes ne sont pas toujours menées ou aboutissent rarement à des poursuites.
Conséquences pour les communautés et perspectives
Les attaques ont des impacts concrets sur la vie quotidienne : blessures, pertes de biens, entrave à l’accès aux terres et aux récoltes (notamment les olives), et climat de peur. Pour réduire ces violences, plusieurs pistes émergent :
- Application stricte de la loi et enquêtes indépendantes sur les agressions.
- Réduction et démantèlement des avant-postes illégaux.
- Renforcement de la protection des civils palestiniens pendant les saisons sensibles (récoltes, périodes religieuses).
Ces mesures requièrent volonté politique, coordination sécuritaire et transparence pour restaurer un minimum de sécurité et prévenir l’escalade.
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