Un nouveau programme citoyen : Bugs Matter débarque en France
Le Muséum national d’histoire naturelle a annoncé le lancement en France de Bugs Matter : les insectes, ça compte !, un programme de science participative inspiré de l’initiative lancée au Royaume-Uni en 2021. Ce projet invite les citoyens à contribuer à la connaissance des insectes locaux en observant, photographiant et partageant leurs données pour alimenter des bases scientifiques. Exemple : un habitant d’une ville peut signaler la présence d’une espèce de papillon dans son quartier, ce qui permet d’ajouter un point d’observation au réseau national.
Pourquoi les insectes sont essentiels
Les insectes jouent des rôles cruciaux dans les écosystèmes et la société : pollinisation, recyclage de la matière organique, contrôle des ravageurs et chaînes alimentaires. Parmi les exemples concrets :
- Abeilles : pollinisent cultures et plantes sauvages.
- Coléoptères saprophages (ex. bousiers) : accélèrent la décomposition.
- Coccinelles : régulent les populations de pucerons.
Ces services écosystémiques expliquent pourquoi suivre les insectes via un projet citoyen apporte une valeur scientifique et pratique pour l’agriculture, l’urbanisme et la conservation.
Comment participer : méthodes simples et précises
Participer est accessible : il suffit d’observer, documenter et transmettre des informations basiques. Étapes concrètes :
- Prendre une photo nette de l’insecte (face, dessus ou côtés).
- Noter la date, le lieu (ville, parc, coordonnées approximatives) et l’habitat (jardin, balcon, prairie).
- Soumettre l’observation via la plateforme dédiée du Muséum ou l’application recommandée.
Exemple : une personne observe un syrphe butinant des fleurs, photographie l’insecte et envoie l’image avec la date et le lieu — ces informations deviennent exploitables pour des analyses temporelles et spatiales.
Des données utiles pour la recherche et la gestion
Les contributions citoyennes alimentent des jeux de données massifs qui servent à :
- Cartographier la distribution des espèces.
- Détecter des tendances de déclin ou d’extension d’espèces.
- Informer des mesures de conservation et des politiques locales.
Exemple : en agrégeant des milliers d’observations, les scientifiques peuvent identifier une baisse des papillons nocturnes dans certaines régions et proposer des actions ciblées (restauration d’habitats, réduction des pesticides).
Impact éducatif et mobilisation locale
Le programme favorise l’éducation et l’implication des collectivités : écoles, associations nature et municipalités peuvent organiser des sorties, ateliers d’identification et inventaires locaux. Exemples d’actions :
- Une classe réalise un protocole de comptage des pollinisateurs sur une parcelle scolaire.
- Une mairie installe des panneaux informatifs dans un parc après un inventaire citoyen.
Ces initiatives renforcent la sensibilisation et créent des relais locaux pour la protection de la biodiversité.
Conseils pratiques pour observer et protéger les insectes
Quelques recommandations pour devenir un observateur efficace et respectueux :
- Privilégier la photographie plutôt que la capture prolongée ; si capture temporaire, relâcher l’insecte rapidement.
- Observer tôt le matin ou en fin d’après-midi pour une meilleure activité et lumière.
- Installer des plantes locales et éviter les pesticides pour favoriser la biodiversité.
Exemples concrets : planter de la lavande et du thym sur un balcon pour attirer abeilles et syrphes ; organiser un atelier d’identification avec une loupe et des guides pour apprendre à reconnaître les espèces communes.
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