Corée du Sud : ces nettoyeuses du Net traquent les prédateurs

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Un fléau numérique qui vise surtout les femmes

En Corée du Sud, les crimes sexuels en ligne prennent une ampleur préoccupante. Il s’agit de photos ou de vidéos à caractère sexuel, captées sans consentement dans des lieux publics ou au domicile des victimes, puis diffusées sur internet. Le phénomène s’est aggravé avec l’essor de l’intelligence artificielle, qui permet de fabriquer des deepfakes pornographiques en réutilisant le visage d’une personne réelle sur un corps artificiel. Cette violence numérique touche massivement les femmes et nourrit un climat de peur, d’humiliation et d’impuissance.

  • Captation clandestine d’images intimes dans la vie quotidienne
  • Diffusion non consentie sur les réseaux sociaux et sites pornographiques
  • Deepfakes de plus en plus réalistes grâce aux outils d’IA

À Séoul, des femmes traquent les contenus illégaux

Dans le centre-ville de Séoul, un bureau discret abrite une équipe singulière de 23 femmes surnommées les « nettoyeuses du Net ». Leur mission est de repérer, signaler et faire supprimer les vidéos à caractère sexuel publiées sans autorisation. À la tête de cette cellule, Kim Hyojung explique que la plupart des victimes découvrent l’existence de ces contenus par un proche, avant même d’avoir été informées directement. Le centre utilise un programme d’intelligence artificielle capable d’identifier les republications d’une même vidéo, ce qui accélère la chasse aux copies sur les plateformes et les sites spécialisés.

  • Équipe composée uniquement de femmes
  • Usage d’outils d’IA pour détecter les réuploads
  • Intervention sur les réseaux sociaux et les sites pornographiques

Un dispositif national pour effacer et accompagner

Créé en 2018, ce centre ne se limite pas au retrait des contenus. Il s’appuie aussi sur 17 antennes régionales afin d’offrir un accompagnement psychologique et juridique aux victimes. Depuis son ouverture, il a reçu environ 53 000 victimes et permis la suppression de plus d’un million de contenus sexuels illicites sur internet. L’objectif est double : limiter la propagation des images et aider les personnes touchées à retrouver une forme de sécurité et de stabilité dans leur quotidien.

  • Soutien psychologique aux victimes
  • Aide juridique pour les démarches et plaintes
  • 53 000 victimes prises en charge
  • Plus d’un million de contenus supprimés

Quand les plateformes résistent à la suppression

La disparition des contenus n’est pas toujours immédiate. Une grande partie des vidéos est hébergée sur des sites illégaux qui refusent les demandes de retrait. Dans ces cas, la police peut intervenir pour faire fermer les sites concernés. Le problème est encore plus complexe quand les serveurs se trouvent à l’étranger. Selon le centre, une part importante des hébergements illicites est localisée aux États-Unis, où les autorités collaborent toutefois pour retirer les fichiers diffusés sur leur territoire. Cette coopération internationale reste essentielle face à des contenus qui circulent vite et se multiplient par copies successives.

  • Sites illégaux difficiles à contraindre
  • Recours possible à la police pour fermer certains hébergeurs
  • Problème des contenus stockés à l’étranger
  • Coopération avec les autorités américaines dans de nombreux cas

Un travail éprouvant pour celles qui visionnent l’horreur

Le métier pèse lourdement sur la santé mentale des employées, car elles sont confrontées chaque jour à des contenus parfois violents, parfois pédopornographiques. Mme Park, qui travaille sans pouvoir être identifiée, décrit des effets très concrets : insomnies, crises de larmes, perte d’appétit, voire abandon de repas. Pour limiter ces dégâts, le centre organise des consultations avec un psychologue une à deux fois par mois afin de prévenir les burn-out. Malgré cette charge émotionnelle, le soutien des victimes agit comme un moteur puissant et donne du sens à leur action.

  • Exposition répétée à des contenus violents
  • Risque d’insomnie et d’épuisement psychologique
  • Suivi par un psychologue de façon régulière
  • Prévention active des burn-out

Les deepfakes, un danger qui s’étend bien au-delà de la Corée du Sud

Les données disponibles montrent que la Corée du Sud est particulièrement exposée : plus de la moitié des victimes mondiales de deepfakes pornographiques seraient sud-coréennes. Le phénomène touche désormais toutes les tranches d’âge et ne se limite plus à des cas isolés. Cette évolution révèle la puissance destructrice des outils numériques lorsqu’ils sont utilisés pour harceler, humilier ou détruire une réputation. Face à cette menace, la riposte sud-coréenne combine technologie, accompagnement humain et action judiciaire, mais le défi reste immense, car la diffusion en ligne dépasse très vite les frontières.

  • Plus de la moitié des victimes mondiales seraient sud-coréennes
  • Phénomène présent dans toutes les tranches d’âge
  • Mélange de technologie, de justice et d’accompagnement humain
  • Enjeu international face à la circulation rapide des contenus

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