
Crise interne au PDCI-RDA : quatre députés suspendent leur participation
Depuis le 6 mars en Côte d’Ivoire, quatre députés ont annoncé la suspension de leur participation au groupe parlementaire du PDCI-RDA, dénonçant une gestion contestée dirigée par Me Chrysostome Blessy. Ce geste s’ajoute au retrait récent de trois autres parlementaires, illustrant un malaise grandissant au sein du parti historique fondé par Félix Houphouët-Boigny.
Les griefs exposés : communication, concertation et exclusion
Les députés mettent en avant des motifs précis pour expliquer leur décision : défaut de concertation, déficit de communication et exclusion des anciens députés des postes au bureau de l’Assemblée. Me Athanase Kouamé a formulé ces accusations dans une lettre collective, expliquant que l’objectif est d’« éclairer un dysfonctionnement qui porte préjudice à notre cohésion ». Exemples concrets :
- Absence de réunions de coordination régulières entre membres du groupe.
- Décisions prises sans consultation des anciens cadres parlementaires.
- Répartition des postes perçue comme inéquitable par des députés expérimentés.
Réactions des députés : de l’indignation à l’appel à changement
Les prises de parole sont sans ambiguïté : Eliane N’Zi N’da, députée de Bocanda, évoque le silence et l’inaction comme inacceptables et dénonce des « graves dysfonctionnements dans l’organisation et la stratégie » du parti. Le ton est d’autant plus critique que les résultats des législatives de décembre ont été jugés décevants par ces responsables.
Échec électoral et remise en question stratégique
Le PDCI-RDA a vu son nombre de députés réduit de moitié lors des dernières élections, passant d’un effectif attendu à environ 30 députés réels. Plusieurs parlementaires estiment que les équipes dirigeantes auraient dû mieux anticiper la campagne et coordonner les efforts. Points à retenir :
- Objectif non atteint : ambition initiale de plus de 60 sièges.
- Conséquence politique : introspection forcée et débats internes sur la ligne stratégique.
- Impact organisationnel : demande de révision des procédures internes et des modes de nomination.
La position de la direction : minimisation et appel au calme
Me Chrysostome Blessy relativise les accusations et affirme n’avoir encore pris « aucun acte de commandement » concernant la gestion du groupe parlementaire. Sa posture vise à désamorcer le conflit en appelant implicitement à la patience et à la concertation avant toute décision formelle. Exemples d’effets attendus : apaisement des tensions, dialogue interne et préparation d’actions correctives si nécessaire.
Vers une refonte du parti : bureaux politiques et rénovation des textes
Face à ces remous, le PDCI-RDA prévoit la tenue d’un bureau politique courant 2026 pour « toiletter » les textes du parti et engager une introspection approfondie. Cette démarche vise à :
- Redéfinir les procédures de nomination et de répartition des responsabilités.
- Renforcer la communication interne et les mécanismes de concertation.
- Élaborer une stratégie électorale renouvelée pour regagner des sièges lors des prochaines échéances.
Les tensions actuelles illustrent un enjeu crucial : transformer les critiques internes en réformes concrètes pour restaurer la cohésion et la crédibilité d’un parti historique confronté à des défis contemporains.
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