Crise à Tombouctou : ville paralysée sans eau, électricité, carburant

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Tombouctou sous tension : une ville privée d’eau et d’électricité

À Tombouctou, au nord du Mali, la vie quotidienne est brutalement perturbée depuis le mardi 23 juin 2026. La ville, célèbre pour son patrimoine et surnommée la ville aux 333 saints, n’est plus alimentée ni en eau ni en électricité. La cause immédiate est claire : le manque de carburant. Les habitants décrivent une situation éprouvante, marquée par la chaleur extrême, l’attente et l’incertitude, alors que les services essentiels sont presque totalement paralysés.

Une chaîne de panne qui touche les services essentiels

Selon plusieurs sources locales, la centrale thermique de Tombouctou est à l’arrêt, ce qui empêche le fonctionnement des installations de l’EDM, la société publique d’électricité, ainsi que de la Somagep, chargée de l’eau potable. Dans une ville où les températures dépassent souvent les 40 degrés, l’arrêt simultané de l’eau et de l’électricité transforme les gestes les plus simples en épreuve. Quelques forages restent disponibles, souvent grâce à des ONG, mais ils ne suffisent pas à couvrir les besoins d’une population nombreuse.

  • Électricité interrompue à cause de l’arrêt de la centrale thermique.
  • Distribution d’eau perturbée, faute d’énergie pour faire fonctionner les installations.
  • Recours limité aux forages, vite saturés par l’affluence.

Dans les quartiers, l’attente devient quotidienne

Les témoignages recueillis décrivent des scènes répétées dans les rues et aux points d’eau : des files d’attente, des seaux portés à bout de bras et des trajets plus longs pour trouver de l’eau. Les femmes sont particulièrement touchées, car elles passent des heures à faire la queue puis à transporter l’eau jusqu’au domicile. Cette situation dégrade l’hygiène et complique la préparation des repas, les soins aux enfants ou le nettoyage des habitations. L’hôpital de la ville parvient encore à fonctionner grâce à des panneaux solaires et à des groupes électrogènes, mais ce maintien reste fragile.

  • Files d’attente prolongées aux forages.
  • Transport manuel de l’eau sur de longues distances.
  • Conditions sanitaires dégradées dans plusieurs quartiers.

Le carburant, nœud du problème

Pour les habitants, tout ramène à la pénurie de carburant. Cette rareté s’explique par l’embargo imposé depuis septembre par le Jnim, groupe jihadiste affilié à al-Qaïda. Les stations-service de Tombouctou seraient à sec depuis environ un mois, et le marché noir lui-même ne parvient plus à répondre à la demande. Jusqu’à récemment, certains commerçants faisaient venir de l’essence depuis l’Algérie, mais beaucoup hésitent désormais à circuler en raison des frappes de drones menées par l’armée.

  • Stations-service vides depuis plusieurs semaines.
  • Approvisionnement informel de plus en plus difficile.
  • Risque sécuritaire qui freine les trajets d’approvisionnement.

Des prix qui explosent et pèsent sur les ménages

La rareté du carburant a entraîné une hausse spectaculaire des prix. Le litre d’essence se vend désormais entre 2 500 et 3 000 FCFA sur le marché noir, alors que le prix réglementé est de 875 FCFA. Cette flambée renchérit les déplacements, le transport des marchandises et l’activité des petits commerces. Dans une ville déjà fragilisée, chaque litre devient un bien précieux. Les habitants résument la situation avec amertume : « les gens marchent », « les gens souffrent », « nous sommes démoralisés ».

  • Prix multiplié par trois par rapport au tarif officiel.
  • Mobilité réduite pour les familles et les commerçants.
  • Pression économique accrue sur les ménages modestes.

Les autorités locales face à une crise humanitaire

Interrogés sur la situation, ni le gouvernorat ni la délégation spéciale de Tombouctou n’ont souhaité commenter. Pourtant, dans un communiqué diffusé le jeudi 25 juin, la délégation spéciale a annoncé une campagne spéciale de distribution d’eau potable, lancée en partenariat avec la protection civile. L’objectif affiché est de soulager les habitants et d’assurer un accès minimal à l’eau en attendant une amélioration de la situation. Cette mesure d’urgence montre l’ampleur de la crise, mais elle révèle aussi que la réponse reste provisoire.

  • Distribution d’eau potable annoncée en urgence.
  • Partenariat avec la protection civile pour l’acheminement.
  • Mesure temporaire face à une crise structurelle d’approvisionnement.

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