Des robots soldats humanoïdes américains pour les guerres de demain

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Une start-up au cœur d’un débat explosif

Foundation Future Industries, fondée en 2024 à San Francisco, s’impose déjà comme l’une des entreprises les plus controversées du secteur de la robotique. Sa promesse est spectaculaire : concevoir des robots humanoïdes capables d’aider dans les usines, de participer à la construction de mégapoles futuristes et, surtout, de servir dans des usages de défense. L’entreprise, qui serait valorisée à plus de 1 milliard de dollars, défend une vision où l’intelligence artificielle et la mécanique avancée deviennent les moteurs d’une nouvelle révolution industrielle.

  • Date de création : 2024
  • Siège : San Francisco
  • Ambition : robots pour l’industrie, la logistique et la défense
  • Produit phare : Phantom, un humanoïde polyvalent

Pourquoi les robots militaires inquiètent autant

Le projet de Foundation suscite une opposition immédiate. Le Vatican et l’ONU se sont prononcés contre les armes autonomes, tandis que le secrétaire général António Guterres a plaidé pour une interdiction des “killer robots”. Cette méfiance s’appuie aussi sur l’imaginaire collectif, nourri depuis des décennies par Star Wars et Terminator, où des machines finissent par se retourner contre leurs créateurs. Malgré cela, le cofondateur Sankaet Pathak estime que ces craintes bloquent une transformation technologique inévitable.

Selon lui, l’enjeu n’est pas de fantasmer un monde peuplé de machines hors de contrôle, mais de comprendre que la robotique et l’IA peuvent réduire les risques humains. Il défend l’idée qu’un robot armé ou semi-autonome pourrait, dans certaines missions, être plus précis qu’un soldat seul et limiter les pertes civiles. Cette position tranche avec celle de nombreuses entreprises de robotique, qui ont signé en 2022 un engagement à ne pas “weaponize” leurs créations.

Une course aux armements déjà visible sur les fronts actuels

Pour Foundation, le monde est déjà entré dans une forme de course technologique. La guerre en Ukraine, avec l’usage massif de drones, montre selon l’entreprise ce que seront les conflits à venir : des champs de bataille plus automatisés, plus rapides et plus dépendants de systèmes intelligents. Les responsables de la start-up soutiennent que si la Chine ou la Russie développent de telles capacités, les États-Unis doivent pouvoir suivre afin de ne pas se retrouver en position de faiblesse stratégique.

Dans cette logique, l’entreprise ne présente pas les robots comme des tueurs autonomes, mais comme des outils capables d’assister les forces humaines. Elle met en avant des tâches comme :

  • le transport de cargaisons dans des environnements dangereux ;
  • la reconnaissance de bâtiments avant l’entrée de soldats ;
  • la navigation autonome dans des zones complexes ;
  • la réduction des risques pour les personnels militaires.

Phantom, le robot qui incarne cette vision

Le visage de cette ambition s’appelle Phantom. Ce robot humanoïde, noir, d’environ 1,80 m, peut transporter près de 90 livres et utilise un ensemble de caméras pour analyser son environnement à 360 degrés. Il peut fonctionner avec une IA embarquée ou être contrôlé à distance par un opérateur humain, ce qui permet de conserver, en théorie, un contrôle humain sur ses actions.

Foundation affirme que Phantom est déjà testé dans des environnements industriels et logistiques, notamment à Atlanta et à Singapour. Selon des informations relayées par Reuters, ces robots auraient contribué à la production de plus de 24 000 voitures en une seule année. L’entreprise prépare aussi une version plus puissante de son modèle, attendue comme une étape clé pour renforcer sa présence sur le marché civil et militaire.

Des soutiens politiques et financiers très visibles

Foundation se distingue aussi par les réseaux qui l’entourent. L’entreprise dit avoir engagé des discussions avec le Department of Homeland Security au sujet d’un possible déploiement à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Elle aurait également obtenu environ 24 millions de dollars de contrats liés à la défense pour tester ses systèmes dans plusieurs branches de l’armée américaine. Au printemps, des reports évoquaient même une nouvelle levée de fonds de 500 millions de dollars, sur une base de valorisation pouvant atteindre 3 milliards de dollars.

La présence d’Eric Trump parmi les investisseurs et conseillers de la société renforce la visibilité du dossier. Foundation et la Maison Blanche nient toute faveur indue. Le camp Trump insiste sur l’absence de rôle opérationnel d’Eric Trump dans la gestion quotidienne de l’entreprise, tandis que la société présente son soutien comme un marqueur de confiance dans une technologie jugée stratégique.

Entre promesse industrielle et peur d’un futur incontrôlable

Au-delà de la défense, Foundation imagine un monde où les gains de productivité de l’IA et de la robotique permettraient de bâtir des villes futuristes, presque autonomes, offrant du logement et des services essentiels à grande échelle. Sankaet Pathak parle de cités “comme Alderaan”, inspirées de la science-fiction, où les machines prendraient en charge les tâches les plus pénibles pendant que les humains se consacreraient à l’art, à l’exploration ou à l’innovation. Cette vision séduit une partie de l’élite technologique, mais elle nourrit aussi la crainte d’un futur dominé par quelques acteurs privés.

Les spécialistes des droits humains rappellent que la question n’est pas seulement technique, mais aussi juridique et morale. Si les systèmes autonomes se trompent de cible, les responsabilités deviennent floues. Et si les robots remplacent progressivement les soldats, le coût politique de la guerre pourrait baisser, rendant l’usage de la force plus facile à déclencher. Entre promesse d’efficacité, risques d’escalade et bouleversements sociaux, Foundation Future Industries cristallise un débat majeur sur la place des machines dans les conflits et dans l’économie de demain.


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