Mobilisation agricole contre l’abattage massif
Le 3 décembre 2025, des centaines d’agriculteurs se sont rassemblés dans plusieurs départements, notamment le Doubs, pour protester contre l’abattage massif des bétail en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Ils réclament la fin de ce que certains qualifient de « massacre », à la suite d’une euthanasie controversée dans une ferme du Doubs. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs régions, dont le Lot-et-Garonne, la Creuse et l’Aveyron, démontrant une forte mobilisation des agriculteurs face à cette situation critique.
Des syndicats unis dans la lutte
La Confédération paysanne (CP) et la Coordination rurale (CR), bien que souvent en désaccord sur d’autres sujets, ont uni leurs forces pour dénoncer cette politique d’abattage. Des appels à manifester ont été lancés devant les préfectures, et des slogans tels que « Pas touche à nos troupeaux » ont résonné dans les rues. Par exemple, à Lot-et-Garonne, une mobilisation a rassemblé environ 70 personnes, confirmée par les organisateurs et la police.
La polémique de l’abattage
Les autorités sanitaires imposent l’abattage de l’ensemble d’un troupeau dès qu’un cas de DNC est détecté, bien que cette maladie ne soit pas transmissible à l’homme. Un incident marquant s’est produit à la préfecture d’Agen, où un veau mort a été accroché avec la mention « Stop au massacre ». Ce geste symbolique survient après l’abattage, contesté, de 83 bovins dans une ferme du Doubs, entraînant des manifestations de plus de 300 agriculteurs.
Appels à une gestion alternative
Des agriculteurs, tels que Marion Debats, ont critiqué la situation en la qualifiant de « gestion inhumaine ». Elle propose que seules les bêtes infectées soient abattues, citant notamment le fait qu’avec l’hiver, les animaux sont « confinés » et qu’il n’existe plus d’insectes vecteurs. José Pérez de la CR 47 qualifie, quant à lui, de « honteux » le choix d’un abattage systématique sur l’ensemble des animaux.
Réponse gouvernementale et mesures sanitaires
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a tenté de justifier cette stratégie en rappelant les faits dans un message sur le réseau social X. Elle a expliqué que le temps d’immunisation après vaccination et la période d’incubation de la maladie peuvent expliquer les cas apparus chez des animaux vaccinés. Genevard a insisté sur le fait que cette méthode a prouvé son efficacité dans plusieurs départements, même si la situation sanitaire demeure préoccupante.
Situation des animaux euthanasiés
Depuis le début de la crise, ce sont près de 2 700 animaux qui ont été euthanasiés en France, dont plus de 1 700 dans des foyers situés principalement dans la haute région de Savoie. La ministre a déclaré que, malgré la douleur évidente pour les éleveurs, des résultats positifs avaient été observés, permettant l’éradication de la maladie dans plusieurs départements, contrairement à d’autres pays ayant adopté des stratégies d’abattage partiel.
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