
Une musique qui tient la promesse d’un avenir
Dans une salle de béton à Bethléem, la chorale Amwaj rassemble 60 enfants venus d’Hébron et de Bethléem qui pratiquent la musique six heures par semaine. Malgré les violences quotidiennes — raids, colonisation, et la proximité de Gaza dans toutes les têtes — la musique offre une échappatoire concrète et porteuse d’espoir. Exemple précis : les répétitions mobilisent violons, violoncelle et flûte traversière pour travailler des pièces allant du baroque aux chansons arabes, créant un espace sûr et structurant pour les jeunes.
Une pédagogie internationale et locale
La formation combine l’apport de musiciens étrangers et l’engagement de figures palestiniennes comme la cheffe et violoniste Lamar Elias. Elle participe à des masterclasses qui allient technique vocale et direction d’ensemble. Points clés :
- Masterclasses en arabe pour assurer une transmission culturelle et linguistique.
- Ateliers pratiques de direction pour que les jeunes prennent le pupitre.
- Interventions de musiciens internationaux pour élargir les répertoires.
Exemple : une séance où chaque enfant passe « au pupitre » pour essayer la direction devant l’orchestre.
Former des chefs là où ils sont rares
La Palestine manque de cursus formalisés en direction d’orchestre ; pourtant, les talents existent. Amwaj développe une filière informelle mais efficace de formation de chefs de chœur, en répondant à deux besoins précis : la croissance d’ensembles locaux et l’absence d’offre pédagogique institutionnelle. Exemple concret : Naïf, 11 ans d’Hébron, décrit comment, en prenant la place de la cheffe, il a senti « la chorale dans [sa] main », témoignant de l’efficacité pédagogique du dispositif.
Des répertoires variés pour nourrir la créativité
La masterclass couvre des registres divers — baroque, classique et chansons arabes — pour donner aux enfants des références techniques et culturelles larges. Les bénéfices sont multiples :
- Développement de la polyvalence musicale.
- Renforcement de la confiance par la pratique collective.
- Valorisation du patrimoine musical arabe au sein d’un enseignement occidental.
Exemple : un exercice de placement et d’émission vocale pour chanter à quatre voix, une prouesse jugée inimaginable il y a quelques années à Bethléem.
Transmission, émancipation et ancrage local
Lamar Elias incarne la possibilité d’une trajectoire née en Palestine et réalisée à l’étranger — elle vit désormais en France et revient transmettre non seulement des techniques, mais aussi une discipline et une confiance. Cette double ancre (locale et internationale) permet de montrer que la musique peut être une voie d’émancipation professionnelle et culturelle. Exemple : sa sélection au concours de la Maestra à la Philharmonie de Paris illustre une réussite exportable et inspirante pour les jeunes choristes.
Un projet collectif tourné vers l’avenir
Les initiateurs comme Mathilde Vittu insistent sur l’idée d’un futur musical palestinien : il existe déjà des musiciens, des chœurs et des espoirs de direction. Le projet Amwaj vise à structurer ce potentiel par la formation, la transmission et la visibilité. Points concrets :
- Co-création et soutien associatif pour pérenniser les activités.
- Formation de chefs pour multiplier les initiatives locales.
- Valorisation des jeunes talents pour construire un tissu musical durable.
Exemple final : voir une chorale chanter à quatre voix à Bethléem devient le symbole tangible d’un futur vers lequel ces intervenants veulent aller ensemble.
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