
Un conflit qui se réactive sur plusieurs axes au nord de l’Éthiopie
Après plusieurs mois de tensions latentes, le nord de l’Éthiopie replonge dans la violence. En l’espace d’une semaine, l’armée fédérale a lancé une contre-offensive sur plusieurs fronts face aux forces tigréennes, alors que les combats se concentrent dans des zones considérées comme décisives pour la suite du conflit. Cette nouvelle phase de guerre rappelle la fragilité des équilibres issus des accords de paix précédents et montre que les lignes de front restent mouvantes.
- Reprise des combats dans le Tigré et ses environs
- Usage de drones par l’armée fédérale
- Pression militaire sur les localités stratégiques du sud du Tigré
Mekelle visée : un signal fort contre l’appareil médiatique tigréen
Dimanche 27 septembre, un drone a frappé l’immeuble de Tigrai TV à Mekelle, capitale du Tigré. Selon un journaliste de la chaîne, aucun blessé n’a été signalé, mais l’attaque a une portée symbolique évidente : cette télévision est perçue comme l’organe officiel du TPLF, le Front de libération du peuple du Tigré. Le fait qu’elle ait été visée après l’annonce d’une nouvelle coalition armée contre le gouvernement fédéral accentue l’impression d’une guerre qui se joue aussi sur le terrain de l’information.
- Mekelle : capitale régionale et centre politique du Tigré
- Tigrai TV : média associé au TPLF
- Suspension de la chaîne par l’Autorité des médias le 21 septembre
Alamata, ville charnière au cœur des calculs militaires
Plus au sud, les affrontements se concentrent autour d’Alamata, une ville d’environ 80 000 habitants située sur un axe stratégique. Des sources militaires indiquent que l’armée contrôle désormais Kobo et Waja, deux localités proches de cette zone. Pour les observateurs du conflit, la maîtrise d’Alamata pourrait modifier l’équilibre des forces, car la ville se trouve à un point de passage essentiel entre le Tigré et les régions voisines. Un chercheur cité sous anonymat estime que ni les TDF ni les forces fédérales ne peuvent se permettre de céder cette position.
- Alamata : position stratégique dans le sud du Tigré
- Kobo et Waja : points avancés annoncés par l’armée
- Enjeu territorial : contrôle des voies d’accès vers le Tigré
Des civils pris dans la peur et les frappes de drones
Sur place, la population vit dans une tension permanente. Selon une source locale, les habitants d’Alamata n’osent plus sortir de chez eux, redoutant de nouvelles frappes aériennes. Le 22 septembre, une quinzaine de frappes de drones auraient touché la ville, d’après Acled, un réseau spécialisé dans le suivi des conflits armés. Certaines attaques auraient visé des écoles et un hôpital, ce qui soulève de lourdes inquiétudes sur la protection des civils et des infrastructures essentielles. Le nombre exact de victimes reste inconnu.
- Forte peur chez les habitants
- Écoles et hôpital touchés selon les informations disponibles
- Victimes non confirmées à ce stade
La réponse internationale face à l’escalade des violences
Les bombardements ont suscité des réactions au niveau international. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a condamné les frappes aériennes menées contre cinq écoles du Tigré. Cette prise de position rappelle que la communauté internationale suit de près l’évolution du conflit, notamment lorsque des établissements civils sont touchés. Dans un contexte où les accusations de crimes de guerre ou de violations du droit humanitaire refont surface, la pression diplomatique pourrait s’intensifier si les combats continuent de s’étendre.
- Condamnation des frappes sur des écoles
- Préoccupation pour le respect du droit international humanitaire
- Attention accrue des Nations unies sur le nord de l’Éthiopie
Érythrée, alliances rebelles et avenir incertain
Alors que les combats se poursuivent, les rebelles tigréens et leurs alliés conservent l’initiative sur d’autres fronts. Dimanche, les TDF ont annoncé la prise d’Erebti, dans la région de l’Afar, à environ 60 kilomètres à l’est du Tigré par la route. De son côté, le chef de l’armée éthiopienne, Birhanu Jula, accuse l’Érythrée d’apporter un soutien logistique aux groupes armés, notamment par le transit de munitions vers le Tigré. Asmara rejette ces accusations, mais cette guerre de dénégations alimente un climat déjà explosif. Pour l’instant, tout indique que les prochains jours seront décisifs pour savoir si cette contre-offensive ralentit les rebelles ou ouvre une nouvelle phase d’escalade.
- Erebti passée sous contrôle des TDF selon les rebelles
- Accusations contre l’Érythrée, fermement démenties par Asmara
- Risque d’intensification des combats dans plusieurs régions du nord
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