
Gaza sous la pluie : un hiver qui aggrave une catastrophe humaine
Avec l’arrivée de l’hiver, la bande de Gaza fait face à une double urgence : le froid intense et les inondations, qui aggravent les souffrances déjà provoquées par les destructions. De nombreuses familles vivent dans des abris de fortune détrempés, tandis que d’autres, par nécessité ou par peur de l’exode, restent dans des immeubles gravement endommagés, au prix de risques majeurs pour leur sécurité.
Vivre dans des immeubles fragilisés : témoignage édifiant
Ibtisam Mahdi, résidente de Tel al-Hawa, illustre ce dilemme. Son immeuble a vu l’un de ses piliers touché par un engin, provoquant l’affaissement du plancher de son appartement d’environ 35 centimètres et une inclinaison des murs. Malgré ces signes évidents de danger, elle et sa famille choisissent de rester : habiter sous une tente, dit-elle, est presque impossible. Ce choix expose néanmoins la famille à la menace constante d’un effondrement.
Risques concrets à l’intérieur des bâtiments endommagés
Les dangers signalés par les habitants sont tangibles et immédiats :
- Mouvements des murs : toucher un mur peut le faire bouger, signe d’une instabilité structurelle.
- Affaissements : planchers qui s’enfoncent, créant des risques de chute et d’enfermement.
- Effondrements soudains : fissures qui s’élargissent, colonnes de fondation compromises.
Ces éléments rendent toute réparation ou réhabilitation temporaire périlleuse sans expertise et sans mesures de sécurité.
Les autorités tirent la sonnette d’alarme
La municipalité de Gaza, via son porte-parole Husni Mouhanna, met en garde la population contre le maintien dans les bâtiments fragilisés. Les messages officiels insistent sur l’évacuation des lieux présentant des fissures, des affaissements ou des signes d’éboulement, particulièrement en période de pluie où la stabilité des structures est encore plus compromise.
Pourquoi beaucoup refusent d’évacuer malgré les avertissements
Plusieurs facteurs expliquent que les appels à quitter les bâtiments ne soient pas toujours suivis :
- Absence d’alternatives : manque d’abris dignes et chauffés rend la vie en plein air insupportable l’hiver.
- Perte de biens : peur de laisser maison, documents et maigres possessions derrière.
- Attaches familiales et sociales : volonté de rester sur place pour maintenir des réseaux de soutien locaux.
Ces raisons pèsent souvent plus lourd que l’évaluation technique du risque, poussant des familles à tenter de vivre dans des conditions dangereuses.
Mesures nécessaires et solutions concrètes
Pour réduire les risques et améliorer la sécurité des civils, plusieurs actions sont essentielles :
- Évaluation rapide des bâtiments par des ingénieurs et équipes spécialisées pour identifier ceux qui doivent être fermés.
- Création d’abris sécurisés et chauffés accessibles aux populations déplacées, avec distribution d’équipements contre le froid et l’humidité.
- Campagnes d’information pour expliquer les signes d’instabilité et les comportements à adopter en cas d’alerte.
- Aide humanitaire ciblée (matériel, assistance technique, réparations mineures) pour permettre à certains foyers de repartir sur des bases sûres.
Sans ces mesures, l’hiver et la pluie risquent d’entraîner encore plus de victimes parmi des populations déjà extrêmement vulnérables.
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