
Retour en grâce : un partenariat remis à plat
Le 29 janvier 2026, la visite d’État du président tchadien Mahamat Idriss Déby à l’Élysée a marqué le point de départ d’une nouvelle ère entre le Tchad et la France. Après la rupture de l’accord militaire en 2025 et le départ des derniers soldats français, les deux présidents ont acté un « partenariat revitalisé, fondé sur le respect mutuel et des intérêts partagés ». Exemple précis : l’accueil personnel d’Emmanuel Macron dans la cour de l’Élysée, symbole d’un désir de réchauffement diplomatique.
Axes prioritaires définis lors de l’entretien
Lors de leur entretien de travail, les dirigeants ont convenu d’orientations claires pour redynamiser la coopération. Ces axes incluent :
- Coopération économique : attirer des investissements et soutenir des projets structurants au Tchad.
- Dialogue culturel : renforcer les échanges et la coopération éducative et culturelle.
- Suivi politique : mise en place de mécanismes bilatéraux pour suivre les engagements.
Exemple : la priorité donnée par Ndjamena à l’appui financier et aux investisseurs correspond à la volonté française d’aborder la relation sous un prisme économique.
Sécurité : une approche prudente mais pragmatique
Malgré la rupture de l’accord militaire l’an dernier, aucune déclaration ambitieuse sur le retour de forces ou un nouvel accord militaire n’a été rendue publique. Les deux États ont toutefois identifié des intérêts convergents :
- Stabilité régionale : la France conserve un point d’ancrage au Sahel/Centre-Afrique.
- Appui mutuel : le Tchad cherche un partenaire fiable face aux risques régionaux.
Exemple concret : l’échange de vues sur des coopérations non militaires (formation, renseignement civil, assistance humanitaire) pouvant compléter les réponses sécuritaires.
Position commune sur la crise soudanaise
Sur le dossier soudanais, les chefs d’État ont appelé les parties au conflit à mettre en œuvre la trêve humanitaire proposée par le « Quad » (États-Unis, Égypte, Émirats arabes unis, Arabie saoudite). Ils ont insisté sur la nécessité d’un environnement international favorable à une résolution préservant l’unité et l’intégrité territoriale du Soudan. Exemple précis : appel conjoint à faciliter l’accès humanitaire et à soutenir les mécanismes de négociation régionaux.
Mécanismes de suivi et engagements réciproques
Le communiqué conjoint mentionne la poursuite des discussions entre Paris et Ndjamena pour assurer la mise en œuvre et le suivi des engagements. Points clés :
- Calendrier bilatéral pour concrétiser les projets économiques et culturels.
- Groupes de travail thématiques (économie, culture, sécurité non militaire).
- Revues régulières pour évaluer l’avancement et ajuster les priorités.
Exemple : la création possible d’un comité mixte chargé d’attirer des investisseurs en priorité dans les secteurs des infrastructures et de l’énergie.
Enjeux et perspectives pour les deux pays
La normalisation des relations offre des opportunités, mais soulève aussi des défis : trouver un équilibre entre souveraineté tchadienne et intérêts français, assurer l’efficacité des soutiens financiers et mesurer l’impact réel sur la stabilité régionale. À court terme, l’accent est mis sur :
- Résultats économiques : traduction des engagements en investissements concrets.
- Crédibilité politique : respect mutuel et transparence des engagements.
- Impact régional : contribution à la désescalade dans les crises voisines, notamment le Soudan.
Exemple final : si les mécanismes annoncés permettent l’arrivée d’investissements et d’actions concrètes en quelques mois, la relation franco-tchadienne pourrait devenir un modèle d’approche post-militaire axée sur le développement et la diplomatie.
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