Des patrons qui reviennent pour accélérer la France
Ils ont bâti, vendu, et reviennent transmettre : Patrice Thiry (ProwebCE, cédé ~200 M€), Guillaume Moubeche (Lemlist) et Arthur Waller (Pennylane) incarnent un mouvement où des entrepreneurs ayant connu le succès remettent les mains dans le cambouis pour aider la nouvelle génération. Leur objectif : transformer des succès individuels en force collective capable de porter des licornes françaises durables.
Un constat simple : l’argent existe, l’expérience non
Depuis vingt ans, la French Tech a développé des incubateurs, fonds et aides publiques, mais l’expérience opérationnelle manque, surtout dans l’IA. Résultat : beaucoup de capital circule, peu d’accompagnement concret au quotidien. Ce déficit se paie en années perdues et en entreprises qui ne passent pas l’épreuve du scale.
Trois faiblesses qui plombent les startups françaises
Les mentors pointent trois plaies structurelles qui expliquent le fort taux d’échec :
- Déficit d’ambition : seulement ~2,5 % des candidats savent formuler une vision à long terme — conséquence : entreprises limitées au marché local.
- Mépris de la vente : trop d’équipes misent sur la tech sans construire un go-to-market solide — produits remarquables restent sans clients.
- Peur du risque : des fondateurs vendent vite par crainte de tout perdre, privant la France de futurs géants.
Exemple précis : Arthur Waller admet avoir perdu un an sur sa première boîte par arrogance technologique — croyant que « le produit se vendrait tout seul ». Patrice Thiry chiffre l’échec : 40 % des startups en portefeuille chez certains fonds font faillite faute d’accompagnement opérationnel.
Tomcat : un hybride qui privilégie l’opérationnel
Face à ce constat, Tomcat se positionne comme un mélange d’accélérateur et de fonds : on n’y injecte pas simplement du cash, on passe six mois à « scaler » les opérations avec les fondateurs pour transmettre un playbook reproductible. Exemples concrets : Najar et Abby ont progressé en structurant recrutement et pricing avant d’industrialiser la croissance.
- Actions pratiques de Tomcat : recrutement ciblé, optimisation du pricing, métriques de croissance, recrutement de sales.
- Objectif : éviter les erreurs de débutant qui coûtent des années.
Pour voir un aperçu visuel du discours des fondateurs impliqués, la vidéo suivante est disponible : https://www.youtube.com/watch?v=-mF-Sc8ETT0
Deux écoles complémentaires du « give back »
La transmission se structure selon deux approches : le modèle structuré et le modèle communautaire.
- Modèle structuré (ex. Tomcat) : accompagnement commando de six mois par d’anciens opérationnels pour accélérer recrutement, pricing et opérations — format intensif, mentorat appliqué.
- Modèle communautaire (ex. Guillaume Moubeche) : volume et gratuité — plus de 100 événements gratuits, échanges quotidiens sur WhatsApp, diffusion massive de bonnes pratiques pour lever les barrières psychologiques face au marché américain.
Ces deux routes sont complémentaires : l’une transmet des routines opérationnelles, l’autre diffuse la culture et la confiance à grande échelle.
Pourquoi c’est le bon moment et que faire maintenant
L’IA accélère la création d’opportunités, mais elle ne remplace ni le réseau ni l’expérience. Le mouvement s’amplifie : sur ~2 000 candidatures annuelles, Tomcat voit déjà ~200 entrepreneurs établis s’impliquer. L’enjeu est d’atteindre un effet de masse — viser 1 000 entreprises actives dans le give-back pour que cela devienne le carburant standard de l’innovation française.
- Actions recommandées pour les leaders : mentorat opérationnel, co-construction de playbooks, investissements accompagnés, organisation d’ateliers pratiques.
- Bénéfices attendus : baisse du taux d’échec, accélération des scale-ups, plus de champions mondiaux issus de la France.
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