La réalité difficile des sourds à Gaza
Dans un contexte de guerre et de destruction, la vie des personnes sourdes à Gaza prend une tournure spécialement compliquée. Dans la famille Abou Amro, par exemple, la communication avec leur fille Dana, âgée de 12 ans, s’est révélée être un véritable défi. Devenues soudainement sourdes suite à un bombardement, ses parents ne maîtrisent pas la langue des signes et se trouvent désemparés. C’est la petite sœur de Dana, Alina, qui, à seulement 4 ans, joue le rôle d’interprète pour ses parents, leur permettant ainsi de comprendre les besoins de leur fille.
Un événement tragique
Dana n’était pas sourde à la naissance, mais son handicap est survenu à la suite d’un incident tragique. En septembre, alors qu’elle se reposait dans sa chambre, un immeuble voisin a été touché par des missiles israéliens. L’impact a été si fort que la porte de sa chambre a été arrachée et les fenêtres explosaient autour d’elle. Cet événement a radicalement changé sa vie.
Conséquences sur la santé auditive
Après cette explosion, la réaction de Dana a immédiatement alerté ses parents : elle ne répondait plus comme avant. Inquiets, ils l’ont emmenée à l’association Atfaluna pour les sourds, qui, malgré la destruction de ses installations, continue d’offrir ses services à Gaza. Les spécialistes leur ont expliqué que l’intensité de l’explosion avait gravement endommagé le nerf auditif de Dana, entraînant une perte auditive sévère et la plaçant dans une situation de grande vulnérabilité.
Le rôle des organisations locales
Atfaluna, fondée en 1992, est la principale organisation à Gaza œuvrant pour la communauté sourde. Avec ses 132 employés, elle joue un rôle crucial en offrant des services en éducation et réhabilitation. Malgré les défis posés par les conflits, ses membres continuent de travailler pour aider les enfants sourds à s’intégrer dans la société et à bénéficier d’une éducation adaptée. Ils sont un pilier dans la lutte pour les droits des personnes handicapées en période de crise.
Le témoignage poignant d’une famille
La famille d’accueil de Dana révèle une réalité tragique où les enfants sont souvent victimes des conflits armés. Le père de Dana, Ziad, décrit l’impossibilité de comprendre les besoins de sa fille sans l’aide d’Alina : « C’est une immense souffrance ». Ce témoignage souligne l’urgence d’une meilleure prise en charge des enfants affectés par des événements traumatisants, notamment en offrant des ressources pour l’apprentissage de la langue des signes.
Un appel à la sensibilisation
Écouter ces histoires est fondamental pour sensibiliser le public sur les conséquences de la guerre, en particulier sur les populations les plus vulnérables. Le cas de Basem Al-Habel, un influenceur palestinien malentendant qui utilise les réseaux sociaux pour partager la réalité de la guerre à Gaza en utilisant la langue des signes, témoigne de l’importance d’utiliser des plateformes modernes pour faire entendre la voix des sourds. Ces récits nous rappellent la nécessité de soutenir les initiatives locales et de promouvoir l’accessibilité et l’éducation, même en temps de conflit.
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