Gaza : une quête désespérée pour retrouver les disparus

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Une tragédie aux corps encore enfouis

Des milliers de personnes sont présumées mortes à Gaza, dont les dépouilles n’ont pas été retrouvées, probablement ensevelies sous les décombres de bâtiments effondrés; ce manque de certitudes transforme chaque foyer en attente insoutenable, comme le rappellent notre correspondant Rami El Meghari et notre envoyé spécial Guilhem Delteil. Exemples précis : des familles cherchent depuis des mois sans savoir si leurs proches sont portés disparus, détenus ou décédés, et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) décrit cette situation comme une souffrance quotidienne. Points clés :

  • Nombre élevé de personnes non retrouvées.
  • Structures détruites rendant les recherches difficiles.
  • Absence d’information claire sur la détention ou le décès.

Qui mène les recherches et comment ?

Les opérations sont menées par la Défense civile et les autorités de Gaza, avec l’appui du CICR. Exemple concret : Patrick Griffith, porte-parole du CICR, est en visite à Gaza pour coordonner l’aide et sensibiliser aux besoins en matériel et en expertise. Pour mener à bien ces recherches, il faut :

  • équipes de secours formées à la recherche en milieu urbain;
  • experts médico-légaux pour l’identification;
  • collecte d’éléments ante-mortem (dossiers médicaux, prélèvements ADN auprès des familles).

Un manque criant de matériel — le cas du bulldozer

Le territoire ne dispose actuellement que d’un bulldozer opérationnel pour déblayer les ruines, et un second est en cours de remise en état grâce à des pièces disponibles localement, selon le CICR. Exemple précis : avant le conflit, Gaza comptait plusieurs engins lourds ; aujourd’hui, la pénurie ralentit considérablement les fouilles. Points essentiels :

  • Machinerie limitée et usée.
  • Réparations effectuées avec pièces locales, d’où des délais.
  • Besoin urgent de financements et d’équipements spécialisés (pelleteuses, camions, équipements de sécurité).

Accès et sécurité : la contrainte de la “ligne jaune”

Une large partie du territoire est située derrière une ligne jaune tracée par l’armée israélienne, rendant l’accès conditionné à des autorisations souvent retardées ou refusées, comme l’explique Patrick Griffith. Exemple : des demandes de passage pour des opérations à l’est de la ligne sont parfois approuvées mais arrivent trop tard pour préserver des indices ou récupérer des dépouilles. Risques sur le terrain :

  • présence d’engins explosifs non déclenchés (munition non explosée, charges piégées);
  • zones instables et bâtiments en risque d’effondrement;
  • nécessité d’une coordination sécurisée entre acteurs humanitaires et militaires.

Conséquences humaines : un deuil suspendu

L’absence de corps empêche des milliers de familles de faire leur deuil et entraîne un traumatisme collectif prolongé ; elles vivent dans l’incertitude, sans savoir s’il faut espérer un retour ou entamer des procédures d’identification. Exemple d’approche médico-légale : la collecte d’ADN des proches, l’enregistrement d’éléments ante-mortem et la comparaison en laboratoire, méthodes qui ont permis des identifications dans d’autres conflits (ex. Balkans dans les années 1990). Points à retenir :

  • identification requiert données ante-mortem et banques ADN;
  • processus long, technique et coûteux;
  • besoin d’un accompagnement psychosocial pour les familles.

Voies d’amélioration et mesures prioritaires

Pour accélérer la recherche et l’identification, il est nécessaire d’agir sur plusieurs axes : augmentation des engins de déblaiement, renforcement des équipes médico-légales, mise en place de laboratoires mobiles et facilitation des autorisations d’accès. Exemples d’actions concrètes :

  • envoi de brigades internationales spécialisées en sauvetage et médecine légale;
  • création de centres de collecte ADN locaux pour rapprocher les analyses;
  • protocoles de coordination clairs entre autorités locales, acteurs internationaux et forces de sécurité pour des passages sécurisés.

Ces mesures nécessitent un engagement rapide des acteurs humanitaires, des bailleurs et des autorités pour répondre à l’urgence humanitaire et permettre aux familles d’obtenir des réponses fiables et dignes.


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