
Un choix surprise à la primature : qui est Ruphin Fortunat Zafisambo ?
Le président Andry Rajoelina a nommé, le 6 octobre 2025, le général de division Ruphin Fortunat Zafisambo au poste de Premier ministre. Cette décision surprend car son nom ne figurait pas parmi les favoris évoqués ces derniers jours. Officier de l’armée de terre, il était jusqu’à présent connu comme chef de cabinet militaire de l’ancien Premier ministre Christian Ntsay, une position qui l’a placé au cœur de la primature depuis 2021 sans pour autant le rendre très visible du grand public.
Parcours et formation : militaire, administrateur et discret
Le nouveau chef du gouvernement a reçu une formation militaire solide, passée par l’Académie militaire d’Antsirabe en 1991, complétée par un enseignement militaire de second degré en France. Issu du corps administratif, son profil combine une formation opérationnelle et des compétences de gestion au sein des institutions. Selon les observateurs, son parcours ne comporte pas de haut fait d’armes médiatisé, ce qui explique en partie son profil relativement méconnu.
Image publique et intérêts personnels : du terrain au basket
Malgré son anonymat politique, Zafisambo est connu dans d’autres cercles : il est le manager général de la Fédération malgache de basket. Ce rôle illustre une facette plus sociale et fédératrice de son engagement, loin des zones de conflit. Exemples concrets :
- Rôle administratif : chef de cabinet militaire à la primature depuis 2021.
- Formation : Académie d’Antsirabe (1991) et formation en France.
- Engagement sportif : manager général de la Fédération de basket, impliqué dans le développement du sport national.
Motivations de la nomination : restaurer l’ordre et la confiance
Dans son allocution télévisée, le président Rajoelina a expliqué vouloir un dirigeant « intègre, travaillant rapidement, ayant de l’ouverture et de l’écoute », capable de redonner confiance à la population. L’argument central est la nécessité de rétablir l’ordre public dans un contexte marqué par des scènes récentes de pillages. Rajoelina a insisté sur l’évitement d’un glissement vers des modèles d’État contrôlés par des bandes, citant des comparaisons avec d’autres pays pour souligner l’urgence d’une administration forte et sereine.
Enjeux sécuritaires et attentes de la population
La nomination intervient après des épisodes de troubles et de pillages qui ont inquiété la population. Les attentes portent sur :
- Maintien de l’ordre public : réponses rapides aux violences urbaines et aux pillages.
- Rétablissement de la confiance : transparence et intégrité dans l’action gouvernementale.
- Gouvernance locale : meilleure coordination entre forces de sécurité et autorités civiles.
Les autorités présentent Zafisambo comme une figure capable d’agir promptement et d’apaiser les tensions, mais son faible profil politique laisse planer des questions sur sa capacité à peser durablement dans des arbitrages nationaux.
Ce qui reste à observer : défis et perspectives
Plusieurs éléments détermineront le succès de cette nomination : sa capacité à mettre en œuvre des mesures concrètes pour sécuriser les zones touchées par les troubles, son aptitude à travailler avec des acteurs civils et internationaux, et sa visibilité politique. Exemples de défis concrets :
- Coordination entre armée et police pour prévenir de nouveaux pillages.
- Programmes de relance économique locale pour réduire les causes sociales des violences.
- Communication transparente pour restaurer la confiance des citoyens.
Le profil administratif et militaire de Zafisambo peut être un atout pour l’ordre public, mais sa réussite dépendra aussi de sa capacité à nouer des alliances politiques et sociales durables.
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