
Un secteur touristique sous pression dès le début de l’été
En Grèce, la saison touristique s’ouvre dans un climat de tension sociale. Les travailleurs des hôtels et des restaurants ont cessé le travail ce mercredi 24 juin 2026 pour dénoncer des conditions jugées épuisantes. Dans les stations balnéaires comme dans le centre d’Athènes, l’activité bat son plein, mais derrière les terrasses bondées et les hôtels complets, beaucoup d’employés disent tenir à bout de bras un secteur vital pour l’économie nationale.
- Grèves organisées dans plusieurs régions du pays
- 24 heures de mobilisation pour alerter l’opinion
- Un été qui commence déjà avec une pénurie de main-d’œuvre
Des journées interminables dans les hôtels et les restaurants
Le témoignage de Katia, responsable d’une équipe de serveurs à Athènes, illustre la réalité du terrain. Elle dit travailler 16 heures par jour, un rythme qui laisse peu de place au repos et à la vie personnelle. Dans le centre de la capitale, où les températures atteignent souvent 36 degrés en juillet et août, la chaleur accentue encore la fatigue. Les équipes doivent enchaîner les services, gérer l’affluence des touristes et maintenir un niveau de qualité élevé malgré l’usure physique.
Les employeurs, eux, peinent à recruter. Les postes sont nombreux, mais les candidats se font rares, en raison de la dureté du métier et d’une rémunération jugée insuffisante. Cette tension se retrouve particulièrement dans les zones touristiques très fréquentées, où la pression est maximale pendant plusieurs mois.
Des salaires qui ne suivent pas le coût de la vie
Au cœur des revendications figure la question des salaires. Dans l’hôtellerie et la restauration, beaucoup d’employés gagnent autour de 1 000 euros par mois, un niveau souvent considéré comme trop faible face au coût du logement, de l’alimentation et des dépenses quotidiennes. Pour les syndicats, cette stagnation salariale explique en grande partie la désaffection croissante pour ces métiers.
- Rémunérations proches de 1 000 euros mensuels
- Demandes de revalorisation des conventions collectives
- Perte d’attractivité des métiers du tourisme auprès des jeunes et des saisonniers
Le repos, un luxe pour beaucoup de salariés
Les manifestants réclament aussi davantage de jours de repos. Dans un secteur où les pics d’activité s’étirent sur de longues journées, les pauses sont souvent réduites au minimum. Fotis Skaltsas, salarié d’un grand hôtel à Rhodes et responsable syndical, résume cette réalité avec une formule frappante : « Chaque été, nous divorçons de nos familles ». Derrière cette phrase, il y a l’idée d’une saison qui bouleverse entièrement l’équilibre de vie des travailleurs, entre horaires extensifs, hébergement parfois précaire et retours à la maison rarissimes.
Cette organisation laisse aussi peu de place à la formation ou à la récupération. À terme, elle alimente un cercle vicieux : plus les conditions sont difficiles, plus les salariés quittent la profession, ce qui augmente la charge de travail de ceux qui restent.
Une assurance-chômage jugée insuffisante
Les revendications portent également sur l’assurance-chômage. De nombreux employés du tourisme en Grèce travaillent intensément pendant la haute saison, puis se retrouvent sans emploi à l’automne. Selon le syndicaliste interrogé, le soutien actuel ne couvre que trois mois, une durée jugée trop courte pour des salariés dont l’activité dépend fortement du calendrier touristique. À partir d’octobre, l’incertitude financière reprend donc le dessus pour des milliers de familles.
Dans un secteur aussi saisonnier, une protection sociale plus solide est perçue comme essentielle pour stabiliser les parcours professionnels et éviter que les travailleurs ne basculent dans la précarité entre deux saisons.
Un manque de 80 000 employés qui inquiète tout le pays
La conséquence la plus visible de cette crise sociale est la pénurie de main-d’œuvre. Cet été, il manquerait environ 80 000 employés pour faire fonctionner l’ensemble de l’industrie touristique grecque. Ce déficit menace l’organisation des hôtels, des restaurants et des services liés à l’accueil des visiteurs, alors même que le tourisme reste un pilier de l’économie du pays. Sans amélioration des salaires, du repos et de la protection sociale, le problème risque de s’aggraver.
- 80 000 postes manquants dans le tourisme
- Pression accrue sur les salariés encore en poste
- Risque de baisse de qualité dans l’accueil et les services
- Nécessité d’une réponse durable pour retenir les travailleurs
En savoir plus sur L'ABESTIT
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



