
Un plan en trois volets pour Gaza : aperçu général
Le plan dit de « phase 2 » pour Gaza, porté publiquement par l’administration Trump, vise à réorganiser la gouvernance et la sécurité du territoire après les hostilités. Il repose sur trois structures distinctes : un Conseil de la paix international, un Comité technocratique palestinien de gestion provisoire et un Comité exécutif consultatif. L’objectif affiché est le désarmement du Hamas, le retrait progressif des forces israéliennes et le déploiement d’une force internationale chargée de sécuriser le territoire et de former des unités de police palestinienne. Exemples concrets :
– déploiement de forces internationales dans des zones sensibles ;
– création d’un organe palestinien temporaire pour la gestion des services publics ;
– mobilisation de capitaux privés pour la reconstruction.
Le Conseil de la paix : composition et mandat élargi
Présidé par Donald Trump, le Conseil de la paix est présenté comme l’instance centrale pour guider la reconstruction et mobiliser les financements. Sa charte, diffusée en janvier, montre qu’il ne se limite plus explicitement à Gaza et prétend intervenir sur des questions larges de gouvernance et d’investissement. Points clés :
- Membres influents : personnalités politiques et hommes d’affaires (exemples : Tony Blair, Marco Rubio, Ajay Banga).
- Rôle financier : attirer des capitaux privés et coordonner le financement de la reconstruction.
- Critères d’adhésion : adhésion payante évoquée (montant élevé annoncé publiquement pour devenir membre permanent).
Cette configuration suscite des interrogations sur la légitimité et le rôle de l’ONU, puisque la structure est perçue comme susceptible de se substituer aux mécanismes onusiens.
Le Comité technocratique palestinien : gestion transitoire
Sous la supervision du Conseil de la paix, le Comité technocratique palestinien est conçu comme l’organe opérationnel pour administrer provisoirement Gaza. Composé de 15 membres et présidé par Ali Shaath, il a pour mission de restaurer les services essentiels et de reconstruire les institutions civiles. Exemples d’actions attendues :
- Restaurer l’eau et l’électricité dans les zones les plus touchées.
- Réhabiliter les hôpitaux et les écoles pour relancer la vie quotidienne.
- Coordonner l’aide humanitaire avec les ONG présentes sur le terrain.
Le comité a commencé à travailler au Caire, ce qui montre une volonté de fonctionnement rapide, mais soulève la question de son acceptation par les acteurs locaux.
Le Comité exécutif (executive board) : organe consultatif international
Le Comité exécutif joue un rôle consultatif et de soutien, destiné à promouvoir une gouvernance efficace et la fourniture de services de haut niveau. Sa composition rassemble figures politiques, diplomates et hommes d’affaires de diverses nations. Exemples de membres annoncés :
- Personnalités diplomatiques : anciens envoyés onusiens et ministres des affaires étrangères.
- Hommes d’affaires : investisseurs impliqués dans la reconstruction.
- Représentants régionaux : acteurs égyptiens, qataris, émiratis et turcs.
Cette mixité vise à combiner expertise technique et influence politique, mais a été critiquée par certains gouvernements, notamment d’Israël, pour sa composition et son mode de nomination.
La force internationale de stabilisation et la police palestinienne
Un volet essentiel du plan est le déploiement d’une force internationale de stabilisation chargée de sécuriser Gaza et d’accompagner la formation d’unités de police palestiniennes. Objectifs opérationnels :
- Sécurisation des zones sensibles pour permettre la reconstruction.
- Formation et encadrement d’unités policières locales pour assurer l’ordre et protéger les civils.
- Transition progressive du maintien de l’ordre par des forces internationales vers des forces palestiniennes formées.
Des scénarios possibles incluent la mise en place de patrouilles mixtes, des centres de formation sur le respect des droits de l’homme et la supervision internationale des transferts de compétence.
Enjeux, critiques et questions non résolues
Le plan soulève des enjeux politiques, humanitaires et juridiques majeurs. Parmi les critiques et questions persistantes :
- Légitimité : la cooptation des membres par une administration étrangère interroge la légitimité démocratique et le rôle de l’ONU.
- Souveraineté : la substitution d’un organe technocratique à des institutions représentatives palestiniennes pose la question du respect de la souveraineté.
- Acceptabilité locale : l’acceptation du plan par la population de Gaza et par les acteurs politiques palestiniens est incertaine.
- Risques sécuritaires : le désarmement effectif du Hamas et la garantie d’un retrait israélien progressif restent difficiles à mettre en œuvre en pratique.
Ces points montrent que, malgré des objectifs affichés de reconstruction et de stabilisation, la mise en œuvre du plan dépendra autant de la diplomatie internationale que de l’adhésion locale et du respect des normes humanitaires et juridiques.
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