
La Réalité Tragique des Emberá
Chez les Emberá, une grande communauté indigène de Colombie, le mot “suicide” est souvent évité. À la place, les membres évoquent les jais, des esprits considérés comme des forces malveillantes. Ces esprits sont fréquemment associés à une hausse des suicides parmi les jeunes de la communauté, particulièrement dans des villages isolés où la pauvreté et la violence règnent.
Une Épidémie de Trahie
Le photographe colombien Santiago Mesa a documenté ce phénomène tragique. Il raconte qu’après le décès d’une jeune fille de seize ans, Yadira Birry, plusieurs autres membres de la communauté ont également tenté de mettre fin à leurs jours. Parmi eux, sa sœur, Luisa, a partagé qu’elle avait été visitée par Yadira en rêve, lui signalant une connexion troublante entre leur souffrance.
Des Taux de Suicides Alarmants
Les responsables locaux sont de plus en plus inquiets face à cette crise. Selon UNICEF, le taux de suicide chez les Emberá atteint près de cinq cents cas pour cent mille personnes, un chiffre frappant comparé à celui du reste de la Colombie. Ce phénomène est exacerbé par le manque d’accès aux soins et le tabou qui entoure les discussions sur le suicide.
Un Témoignage Douloureux
José Luis Dogirama Sanapi, un homme Emberá, tient un registre des décès par suicide et des tentatives au cours de la dernière décennie. Son propre passé, marqué par la violence, l’a poussé à s’intéresser à cette réalité. Comme lui, Mesa à également vécu sa propre lutte contre la dépression, trouvant un réconfort dans sa passion pour la photographie.
Les Racines de la Dépression
Les femmes en particulier semblent être touchées par cette crise. Beaucoup décrivent des violences domestiques comme le principal déclencheur de leurs sentiments dépressifs. Certains témoignages révèlent également une réjection sociale, aggravée par la violence et la pauvreté dans les abris où vivent certains membres de la communauté, comme les femmes trans.
Les Défis d’une Réparation Socio-culturelle
Des curfews imposés par des groupes armés et la croyance que les terres sont maudites ajoutent une couche de complexité à cette situation. Mesa déclare que résoudre cette crise nécessite plus qu’une simple consultation médicale; il faut aussi s’attaquer aux problèmes structurels qui isolent ces individus de la société. Ses photographies capturent cette douleur, offrant un regard poignant sur la lutte des Emberá.
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