Humboldt USA, love letter troublé à la nature et la technologie

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Héritage d’Alexander von Humboldt : une idée qui traverse les siècles

Alexander von Humboldt a popularisé au XIXe siècle l’idée que « tout est connecté », une perspective qui relie la nature, la société et nos vies numériques face au changement climatique. Le film Humboldt USA reprend et interroge ce principe pour montrer ce qui subsiste de cette vision aujourd’hui. Exemples concrets : les relevés scientifiques historiques, les cartes d’expéditions et les approches systémiques modernes.

  • Interconnexions : relations entre écosystèmes, infrastructures et choix humains.
  • Temporalité : comment une idée du XIXe siècle résonne dans le XXIe siècle.
  • Responsabilité : implication des sociétés face aux crises écologiques.

Itinéraires américains : lieux, acteurs et pratiques de terrain

Humboldt USA parcourt plusieurs endroits des États-Unis portant le nom de Humboldt pour suivre des acteurs variés : militants urbains, scientifiques, équipes de réintroduction d’animaux. On voit par exemple des projets de verdissement de quartiers, des relevés sur les forêts de séquoias et la remise en liberté du mouflon du désert (Desert Bighorn Sheep).

  • Exemples de terrains : quartiers négligés transformés, forêts anciennes étudiées, zones protégées pour la faune.
  • Acteurs : activistes locaux, chercheurs, gestionnaires d’aires protégées.
  • Pratiques : plantation urbaine, relevés lidar/scan, programmes de réintroduction.

Thématiques : écologie, technologie et aliénation

Le film interroge la tension entre interdépendance écologique et la façon dont la technologie et les infrastructures modernes accroissent notre aliénation par rapport au monde vivant. Le montage associe des images de nature à des scènes étonnantes — centres commerciaux avec grande roue intérieure, animatroniques de Lincoln ou statuaires présidentielles — pour souligner la dissonance.

  • Alienation : espaces artificiels remplaçant les paysages naturels.
  • Infra-structure : héritage colonial et polluant des systèmes actuels.
  • Multiplicité : formes diverses d’écologisme au sein même de sociétés consuméristes.

Regard du réalisateur : Svatek comme miroir critique

G. Anthony Svatek utilise Humboldt comme un foil pour contester, de l’intérieur, le paradigme scientifique occidental dominant. Le cinéaste tisse un parallèle entre sa propre trajectoire — voyageur, queer, questionneur — et l’époque de Humboldt pour jauger la pertinence de ses idées aujourd’hui. Exemples : le travail de « code-switching » dans le film, l’exploration des marges sociales et la mise en scène de la double position d’observateur/acteur.

  • Objectifs : interroger « nature » et « environnementalisme », stimuler l’imagination et susciter l’action.
  • Méthode : mise en miroir biographique, images hybrides, voix critique.
  • Risques analysés : instrumentalisation des savoirs, solutions individualistes consommatoires.

Forme et fabrication : image, montage et production

Le film adopte une forme kaléidoscopique où la cinématographie (Sean Hanley et Svatek) et le montage (Kaija Siirala et Svatek) traduisent visuellement l’idée d’érosion des lieux et du temps. On y remarque des plans de forêts scannées, des inserts sur la faune et des séquences en milieu commercial pour créer des contrastes frappants.

  • Aspects techniques : jeu lumière/nature, prises de vue sur le terrain, montage fragmenté.
  • Production : porté par Space Time Films, démarche indépendante et réflexive.
  • Effets recherchés : inviter à la réflexion plutôt qu’à la démonstration pastorale.

Projection, extrait et raisons de le regarder

Humboldt USA a sa première mondiale en compétition au festival Visions du Réel à Nyon (22 avril) et sa première nord-américaine au First Look du Museum of the Moving Image (2 mai). Un extrait diffusé par la presse propose déjà des images révélatrices : animatroniques présidentiels au milieu d’un centre commercial, animaux naturalisés et scènes de nature sauvage — autant d’éléments qui posent des questions fortes.

  • Pourquoi voir le film : pour repenser l’idée d’interconnexion et mesurer les contradictions contemporaines.
  • À quoi s’attendre : un assemblage visuel provocateur, qui mêle science, activisme et autofiction.
  • Ce qu’il propose : des perspectives multiples sur la protection de la nature et sur les limites des réponses individuelles ou consuméristes.

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