Israël intensifie son offensive au Sud-Liban malgré le cessez-le-feu

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Tensions extrêmes dans le Sud-Liban

Le front israélo-libanais connaît une nouvelle montée de tension, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril. Ces dernières 24 heures, l’armée israélienne a multiplié les frappes aériennes, les attaques de drones et les tirs d’artillerie dans le Sud-Liban. Sur le terrain, la situation reste confuse, entre annonce d’une extension de l’offensive et revendications de combats côté Hezbollah.

Des évacuations massives dans plusieurs localités

Israël a ordonné mardi l’évacuation d’une quarantaine de villages, illustrant l’ampleur de l’offensive en cours. Parmi les zones visées, Nabatiyé occupe une place centrale : cette ville de plus de 120 000 habitants, située au nord du fleuve Litani, a déjà subi de lourds bombardements et des destructions importantes.

  • Nabatiyé : quartiers entiers détruits, hôpital public touché selon l’ANI.
  • Tyr : ordre d’évacuation donné le 22 mai, puis pilonnages intenses.
  • Machghara et Sohmor : nouvelles localités appelées à se vider mardi.

Dans plusieurs secteurs, les habitants ont fui après des appels israéliens à quitter immédiatement leurs maisons. À Machghara, les bombardements de la veille ont fait au moins 11 morts, dont des enfants et une femme, selon le ministère libanais de la Santé.

Des villes du Sud-Liban méconnaissables

Le conflit a profondément transformé le paysage urbain du Sud-Liban. Les quatre principales villes de la région sont partiellement ou totalement détruites. Khiyam, à six kilomètres de la frontière face à Metula, est décrite comme totalement désertée. Bint-Jbeil, à quatre kilomètres de la frontière, a connu des combats rapprochés et des destructions systématiques à l’aide d’explosifs et de bulldozers lourds.

  • À Khiyam, il ne reste quasiment plus d’activité civile.
  • À Bint-Jbeil, les opérations ont laissé la ville largement inhabitable.
  • À Tyr, des quartiers entiers ont été réduits en ruines.

Ces localités se trouvent dans une zone tampon définie unilatéralement par Israël, ce qui renforce la dimension stratégique du conflit. Selon les journalistes sur place, l’échelle des destructions dépasse le seul cadre des opérations ponctuelles.

La « ligne jaune » franchie par les opérations israéliennes

À Jérusalem, Benyamin Netanyahu a évoqué un approfondissement de l’opération au Liban pour renforcer la zone de sécurité. L’armée israélienne affirme désormais agir au-delà de la « ligne jaune », une démarcation qu’elle a elle-même instaurée pour matérialiser une zone tampon dans le Sud-Liban. Les autorités israéliennes disent viser des infrastructures du Hezbollah, sans préciser l’emplacement exact des troupes.

Cette stratégie soulève plusieurs enjeux immédiats :

  • contrôle militaire d’une zone élargie ;
  • destruction d’infrastructures jugées liées au Hezbollah ;
  • incertitude sur la durée de l’occupation effective ;
  • risque humanitaire accru pour les civils restés sur place.

Le langage employé par le gouvernement israélien montre une volonté de sécuriser durablement la frontière, au prix d’une pression militaire continue sur les localités libanaises voisines.

Bilan humain lourd et secouristes visés

Les frappes ont également touché des secouristes affiliés au groupe Amal, allié du Hezbollah, à Srifa. Le ministère libanais de la Santé fait état d’un mort et de deux blessés parmi eux, portant à 120 le nombre de secouristes tués depuis le début du conflit. Ce bilan souligne la vulnérabilité des équipes de secours dans un environnement où les bombardements ne laissent que peu de répit.

Selon les chiffres publiés mardi par le ministère libanais de la Santé, les attaques de la journée ont fait 31 morts et 40 blessés, parmi lesquels au moins quatre enfants et trois femmes. Depuis le début du conflit début mars, les frappes israéliennes ont causé au moins 3 213 morts, un bilan qui illustre l’ampleur de la crise humanitaire au Liban.

Le Hezbollah répond et le conflit reste ouvert

De son côté, le Hezbollah affirme maintenir la pression sur les forces israéliennes. Le mouvement chiite a déclaré que ses combattants avaient repoussé une force israélienne avançant vers Zaoutar, au sud de Nabatiyé, en utilisant notamment des obus et des drones d’attaque. Il revendique aussi des attaques de drones contre une caserne dans le nord d’Israël.

  • combats directs signalés près de Nabatiyé ;
  • drones explosifs interceptés selon l’armée israélienne ;
  • réponse militaire et ripostes réciproques toujours en cours.

Dans ce climat d’escalade, la trêve paraît de plus en plus fragile. L’incertitude autour des discussions entre les États-Unis et l’Iran alimente aussi les inquiétudes israéliennes, notamment sur un éventuel accord qui pourrait inclure le Liban. Entre frappes, évacuations et contre-attaques, le Sud-Liban reste au cœur d’une confrontation où chaque mouvement militaire peut faire basculer la situation.


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